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Sur Les Phénomènes Entourant La Mort De Christ

RECHERCHE SUCCINTE
SUR LES PHENOMENES GEOLOGIQUES
ENTOURANT LA MORT DU SEIGNEUR

INTRODUCTION
Ces phénomènes sont mentionnés dans 3 évangiles (Mat 23.51-53 ; Mc 15.33, 38 ; Luc 23.44 et 45) sur 4 (Jean poursuivait un objectif légèrement différent de celui des autres écrivains sacrés).
Tous les 3 font états de bouleversements étranges survenus lors de la crucifixion de Jésus de Nazareth. Ils mentionnent tous :

1) Une éclipse solaire
2) Le voile du temple déchiré

Matthieu inclut en plus un tremblement de terre et une ressuscitation (c’est-à-dire une résurrection temporaire de certains croyants de l’AT. Ceux-ci sont probablement morts une deuxième fois ensuite. Nous le supposons car Paul parle de Christ seul comme étant les prémices de la résurrection dans 1 Corinthiens 15).

VERACITE DES PHENOMENES
Les évènements enregistrés dans les Evangiles trouvent des échos dans des sources extérieures (voir livre en Anglais : Vie et Mort du Messie). On a enregistré dans l’année 29 une éclipse totale du soleil qui est pour certains celle mentionnée dans les récits bibliques.
Les Evangélistes nous ont habitués à la vérité. Leur but premier est de témoigner à tous leur lecteur de la réalité des faits concernant Jésus-Christ. Si nous avons pu leur faire confiance concernant la vie de Jésus, nous pouvons aussi leur faire confiance concernant la description de sa mort.

ETUDE BIBLIQUE :
Nous examinerons tout d’abord le premier phénomène mentionné par les 3 évangélistes, nommément, l’éclipse solaire.
Le phénomène ne nous est pas étranger. La science actuelle explique qu’une éclipse se produit lorsqu’un objet céleste se place devant une source de lumière : « Une éclipse correspond à l’occultation d’une source de lumière par un objet physique. En astronomie, une éclipse se produit lorsqu’un objet (comme une planète ou un satellite naturel) occulte une source de lumière (comme une étoile ou un objet éclairé) pour un observateur. »
Ces phénomènes sont généralement assez brefs cependant (7 mn et quelques dizaines de secondes au maximum) et nous pouvons noter l’énorme différence par rapport aux Evangiles : les auteurs certifie que les ténèbres se sont étendues sur terre de la 6e à la 9e heure, c’est-à-dire de 12 à 15h !
D’où notre conclusion que cette éclipse n’était pas seulement un phénomène naturel mais plutôt un miracle.

DANS L’ANCIENT TESTAMENT
La Bible parle du soleil comme étant premièrement un astre, créature de Dieu. Même s’il est poétiquement représenté comme un homme (Ps 19.6), le soleil sert à marquer le temps et à éclairer durant le jour. En fait, presque toutes les références au soleil sont au sens propre et rarement au sens figuré !
Le message biblique s’oppose donc à la plupart des conceptions religieuses de l’époque qui voyaient dans le soleil un dieu.

La Bible fait aussi référence aux éclipses dans plusieurs passages :
Nous les citerons tous et jetterons un œil aux plus significatifs.
Esaïe 13.10, 24.23, 60.20 ; Jer 15.9 ; Ezéchiel 32.7-8 ; Joël 2.10, 31, 3.15 ; Amos 8.9 ; Michée 3.6.
Nous pouvons noter que ces références aux éclipses apparaissent uniquement dans les écrits des prophètes, qui parlent sous forme d’images, de paraboles et de symboles pour exprimer le message divin.
Notons deuxièmement que ces moments où « le soleil s’éteint » sont tous placés dans des contextes de jugement et de destruction.
Esaïe 13.10 par exemple déclare : « Car les étoiles des cieux et leurs astres ne feront plus briller leur lumière, le soleil s’obscurcira dès son lever, et la lune ne fera plus luire sa clarté. » Le contexte est clair : Esaïe 13.9 parle du « jour cruel, jour de colère et d’ardente fureur, qui réduira la terre en solitude, et en exterminera les pécheurs. » et dans Esaïe 13.11 Dieu dit : « je punirai le monde pour sa malice et les méchants pour leurs iniquités, je ferai cesser l’orgueil des hautains, et j’abattrai l’arrogance des tyrans. »
De même Joël 3.15 affirme : « Le soleil et la lune s’obscurcissent et les étoiles retirent leur éclat. » Pourquoi ? v 14 « Car le jour de l’Eternel est proche, dans la vallée du jugement. » et v 16 « de Sion l’Eternel rugit, de Jérusalem il fait entendre sa voix ; les cieux et la terre sont ébranlés. »

En conclusion : l’Ancien Testament associe la disparition de la lumière des astres comme une plongée dans le chaos. Ce chaos, Dieu en est le maître, tout comme dans la Genèse (Gen 1.1-3) puisque de lui Dieu fait le monde.
Dieu affirme donc vouloir détruire ce qui porte des traces du péché et l’un des symboles de cela dans l’Ecriture reste l’éclipse quelle soit solaire ou lunaire.

DANS LE NOUVEAU TESTAMENT
Le NT fait également référence à des éclipses, quasiment dans le même contexte prophétique et judiciaire. C’est Christ qui en parle en premier dans sa prédiction de la fin des temps (voir Matthieu 24.29, Mc 13.24). Là encore le contexte est bien celui de la colère divine et du bilan que doivent faire les hommes vis-à-vis du Créateur.
Pierre, dans Actes 2.17-20 cite Joël 2.19ss en appliquant ce passage à l’arrivée du salut. Pour lui la venue de Christ, les miracles qu’il a fait, sa mort et sa résurrection sont des évènements dramatiques intenses qui reflètent bien l’importance du salut dans « les derniers jours . »
C’est finalement dans l’Apocalypse que l’on retrouve les dernières mentions d’éclipses (Apoc 6.12, 8.12). Là encore, il est évident que la symbolique est surtout celle d’un jugement contre les hommes.

Il nous faut souligner une chose : aux vues des écrits bibliques, une éclipse est premièrement un phénomène naturel connu, qui provoquait la terreur et qui était donc utilisé pour donner un avant-goût du jugement final de Dieu contre le monde rebelle. Cependant, il ne faut pas réduire toutes ces références aux éclipses qu’à des symboles. Il nous semble correct d’appuyer qu’il est fort probable que les dernier jours de l’humanité voient effectivement la lumière solaire diminuer grandement. En fait, les scientifiques corroborent ce fait en décrivant la mort d’une étoile (celle-ci grossit, détruit tout autour d’elle puis meurt lentement due à un manque de « carburant » et finalement implose). Il est fort probable que le Seigneur lors de son retour détruise et purifie ainsi l’univers tel que nous le concevons aujourd’hui.
Ses enfants seront là ce jour là pour en être témoin.
LE VOILE DECHIRE
Le second évènement majeur mentionné lors de la crucifixion du Seigneur Jésus fut le déchirement du voile du temple.
Cet évènement est tout aussi extraordinaire que le premier et tout aussi lourd de symbolique.
Il faut savoir que le temple qui existait du temps du Seigneur n’était pas le temple bâti par Salomon, il s’agissait d’un ouvrage entrepris par le roi Hérode (qui était tout sauf un vrai juif ou croyant). C’était une construction massive qui n’était toujours pas complète en fait du temps de Christ.
Ce temple donc, possédait 2 voiles : un qui séparait la cour « des gentils » d’avec l’entré du temple lui-même et un deuxième qui séparait le lieu saint du lieu très-saint.
Que ce voile se déchire peut paraître anodin pour certains. Rares sont les voiles plus épais que les rideaux de nos fenêtres de nos jours.
Le voile qui se trouvait dans le temple avait des dimensions colossales : il mesurait 18 m de haut, 9 m de large. Il avait, de plus, l’épaisseur d’une main ! Les écrivains de l’époque affirmaient (peut-être en exagérant un peu) qu’il fallait 300 prêtres pour le déplacer !
De plus, les Evangélistes précisent bien qu’il s’est déchiré de haut en bas, ce qui est contraire à une déchirure causée par une usure naturelle.

Que le voile se déchire n’était donc pas un phénomène normal et attendu à cette époque. Les écrivains sacrés interprètent l’évènement pour nous.
Dans l’épitre aux Hébreux notamment l’auteur (inconnu) nous précise que la crucifixion est l’accomplissement de tous les sacrifices de l’AT (chapitre 10.1-18). Les croyants n’ont plus, ni n’auront plus jamais de tuer des animaux à Dieu pour exprimer signifier le pardon de leurs fautes. Christ est mort une fois pour toute afin de mettre fin à ce système. L’auteur le dit en ces mots : « Ainsi donc, frères, nous avons au moyen du sang de Jésus, une libre entrée dans le sanctuaire par la route nouvelle et vivante qu’il a inaugurée pour nous au travers du voile, c’est-à-dire, sa chair. »
Le voile, dans l’ancienne alliance signifiait bien que le pécheur ne pouvait pas entrer dans la présence de Dieu librement et sans le sang purificateur.
Christ, dans son corps, est devenu péché pour nous (2 Cor 5.21), il a été le centre même, le porteur de tout ce qui nous sépare de Dieu. Il est devenu en un sens, le voile, la séparation.
Le voile déchiré est donc un symbole du corps brisé de Christ, de son sang répandu pour que les pécheurs soient lavés de leur souillure et puissent entrer à tout moment dans la présence Divine.
Cette première leçon fortifie notre vie de prière. Le Seigneur ne nous demande pas de communier avec lui uniquement quand tout va bien mais aussi quand rien ne marche. Il nous demande de venir à lui surtout alors que nous nageons dans le péché et que nous oublions sa sainteté. Il nous demande de venir à lui surtout si nous sommes honteux de nos erreurs : Hébreux 10.22 « Approchons nous donc avec un cœur sincère, dans la plénitude de la foi, les cœurs purifiés d’une mauvaise conscience, et le corps lavé d’une eau pure. »

Deuxièmement le voile déchiré est une représentation du retour à la perfection pour nous. Si nous examinons la première référence au voile dans l’Exode nous pouvons remarquer une particularité. Exode 26.31 nous dit : « Tu feras un voile violet, pourpre et cramoisi, et de fin lin retors, avec des chérubins que l’on fera avec art. »
Les couleurs du voile ont une symbolique :
Le violet ou bleu (indigo) représente les choses célestes. Un tissu bleu recouvrait l’arche de la l’Alliance qui contenait l’Ecriture en particulier. Peut-être était-ce pour indiquer l’origine divine de l’Ecriture.
la pourpre est associée à la royauté (Est 8.15, on a donné au Seigneur Jésus un manteau pourpre : Mat 27.28).
Le cramoisi ou rouge foncé vif (tirant sur le violet, synonyme de pourpre) était lié au péché (Esaïe 1.18) et à sa purification (Lev 14.4, Héb 9.9)
Le fin lin était le nec plus ultra des tissus du Moyen-Orient, il était synonyme de richesse (Luc 16.19) et les prêtres en portaient dans l’ancienne alliance.
Dieu veut inclure toutes ses couleurs et leur symbole dans le tabernacle car il veut donner aux Israélites une idée de qui il est.

Le détail qui nous intéresse sur cette œuvre d’art se trouve être les chérubins. Les chérubins n’ont rien à voir avec les petits anges de l’imagerie populaire. Leur nombre est limité (ils sont souvent cités au nombre de 2 dans l’Exode (Ex. 25.17-20) ou 4 (dans Ezéchiel 10.1-22 et l’Apocalypse 4.6-8). La première fois qu’ils sont mentionnés, ils ont un rôle de défense : ils doivent interdire à quiconque l’accès au jardin d’Eden. Leur rôle est donc de terrifier et combattre quiconque voudrait y revenir. De même « Les yeux fixés sur le propitiatoire, ils ne peuvent plus foudroyer le pécheur qui est admis désormais dans la présence du Seigneur (Exode 15.17-20, Rom. 3.24-6). »
Nous pouvons déduire que le temple était supposé être une reproduction miniature du jardin d’Eden. Adam et Eve pouvait librement communier avec Dieu au milieu de jardin. Le temple était supposé signifier que le Paradis, la relation parfaite avec Dieu n’était pas encore tout à fait accessible.
Le fait que Dieu ait déchiré le voile veut dire que désormais les hommes et les femmes repentant ont accès au paradis céleste par la prière durant cette vie, en esprit lors de leur mort (Luc 16.22) puis physiquement lors de la résurrection (Apocalypse 21 et 22).

Troisièmement, le voile déchiré signifie la condamnation du peuple juif. Les Juifs s’étaient moqués de Jésus lorsqu’il leur avait dit qu’il pourrait détruire le temple et le rebâtir en 3 jours (Mat 27.40). C’est pourtant ce qu’il a fait, car c’est bien lui le vrai temple ! Dieu a donc signifié que Jésus était désormais la seule porte du salut et non un bâtiment à Jérusalem. Le fait de déchirer le voile montre que le mystère qui était en son sein, la présence de Dieu, se trouve accessible à tous. Ce geste divin annule aussi le système de prêtrise et de sacrifices de l’ancienne alliance.
Ceux qui s’entêtent à maintenir ou à revenir à cet ancien système sont donc en train de rejeter le salut Divin en Jésus et donc d’être rejeté par Dieu également.

CONCLUSION
Dieu, au travers de la mort de son Fils a envoyé un message définitif concernant sa vision du péché, de la sainteté et sa relation avec les hommes. L’impact de la crucifixion est tellement énorme qu’il se répercute sur la nature même. Les troubles survenus au sein de l’ordre créationnel sont de surcroit associé à un geste significatif de la part du Dieu sauveur : Le lourd voile du temple Juif à Jérusalem, s’est vu déchiré de haut en bas par le milieu, signifiant que le salut de Dieu est désormais accessible à tous.
Il est bon de méditer sur la signification d’un tel acte. Nous pouvons fréquemment oublier les privilèges de la prière à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, le fait de ne pas avoir à payer puis offrir de sacrifices sanglants et répétés tout au long du jour.
Rendons sans cesse gloire à Dieu pour son amour et le don de son Fils sur la Croix, à lui, le voile déchiré pour nous



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