Philémon

Philémon (Epître à)

- Auteur.

- Paul se nomme trois fois comme auteur de la lettre (1, 9, 19). La langue, la pensée et le style sont de lui. Les liens avec la lettre aux Colossiens sont évidents. Si cette lettre n’était pas de Paul, disait Jérôme, elle n’aurait jamais été admise dans le recueil de ses écrits (n’ayant aucun contenu doctrinal spécifique qui aurait pu motiver son introduction). L’ép. à Philémon se trouve dans les vers. Syriaque et Vieille Latine ; le fragment de Muratori la mentionne ; Marcion aussi ; Origène la cite comme étant de Paul, Eusèbe la met au nombre des écrits incontestés. Son authenticité n’est pratiquement contestée par personne (sauf par ceux qui nient l’authenticité de Colossiens qu’elle prouve indirectement).

- Destinataires.

- La lettre s’adresse, en fait, à trois personnes : Philémon, un chrét. fortuné de Colosses, Appia, sa femme et Archippe, son fils ainsi qu’à l’Eglise qui se réunissait dans leur maison. La demande qu’elle formule les intéresse tous parce que la décision que Philémon prendra à l’égard d’Onésime rejaillira sur le témoignage collectif de l’Eglise. Celle-ci peut, au besoin, influer sur cette décision.

- Lieu et date.

- La lettre a été écrite en prison (9, 10, 13) en même temps que l’ép. aux Colossiens (cf. Col. 4.7-14 avec Phm. 23-24), fort probablement à Rome en été 62.

- Contenu.

- Ce billet est essentiellement un plaidoyer auprès de Philémon pour qu’il accueille favorablement son esclave Onésime et qu’il lui pardonne de s’être enfui d’auprès de lui. Après les salutations (1-3) et les actions de grâces pour sa foi active (4-7), l’apôtre s’appuie sur son autorité à lui (8), son âge, sa qualité de prisonnier, ses relations avec Onésime (10-14), le changement qui a eu lieu en lui (15-16), la nouvelle relation qui le liera désormais à son maître (16), l’amitié qui lie Philémon à Paul (17) et la dette de reconnaissance qu’il a envers lui de par sa conversion (19b) pour demander ce pardon comme un service personnel qui tranquillisera son coeur (20). Il va même jusqu’à proposer de payer personnellement ce qu’Onésime lui devrait éventuellement (18-19a), mais exprime l’espoir que Philémon fera même plus que ce qu’il lui demande (21).

- Cette lettre nous montre que l’apôtre déployait le même zèle pour une affaire privée que pour les grandes causes, qu’il s’intéressait aux problèmes temporels aussi bien que spirituels de "l’un de ces petits" d’entre ses frères. "Paul imite, auprès de Philémon et en faveur d’Onésime, ce que Christ a fait en notre faveur auprès de son Père" (Luther). De fait, comme l’a noté Tenney, nous retrouvons dans ce billet tous les aspects du pardon de Christ : compassion (10), intercession (10, 18, 19), substitution (18, 19), restauration dans la faveur du Maître (15), introduction dans une relation nouvelle (16). L’histoire d’Onésime illustre, de plus, la quatrième demande du Notre Père : "Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés."

- Paul ne prend pas directement position contre l’esclavage dans ses lettres ; il recommande aux maîtres chrét. de traiter leurs esclaves avec justice, comme leurs égaux #Col 4.1 en se rappelant qu’ils ont, eux aussi, un Maître auquel ils auront à rendre compte de leurs actes #Eph 6.9

Il demande aux esclaves d’obéir avec respect et sens des responsabilités, de les servir comme le Seigneur lui-même ; il les traite donc en personnes libres et responsables ; cette attitude était révolutionnaire du côté des maîtres comme de celui des esclaves. Mais ici, Paul fait un pas de plus : il demande de recevoir Onésime comme un vrai frère "selon la chair et selon le Seigneur" (16). En fait, tout le statut de l’esclavage se trouve mis en question par cette remarque, car on ne peut plus "posséder" un "frère bien-aimé" ni le maltraiter. On ne peut que l’aimer-ce qui va plus loin encore que le libérer. "Qui peut le plus, peut le moins" ; le moins découlera probablement de l’obéissance à cette directive.

- But.

- Onésime s’est enfui d’auprès de son maître Philémon. Il s’est réfugié à Rome. Il y a fait la connaissance de Paul, soit parce qu’il a rencontré son compatriote Epaphras qui l’a amené auprès de l’apôtre, soit parce qu’il a été appréhendé par la police et incarcéré dans la même prison que Paul avant que celui-ci ait pu louer un appartement.

- Par ses entretiens avec son coprisonnier, Onésime trouve le chemin de la vie, de la vraie liberté : il naît de nouveau. C’est pourquoi Paul l’appelle son "enfant, engendré dans les chaînes". Mais la vie nouvelle demande aussi la réparation des torts infligés à autrui. Paul fait comprendre à Onésime qu’il doit revenir auprès de Philémon. Le fugitif prend peur. L’apôtre le rassure ; Philémon est aussi l’un de ses fils spirituels (19), c’est un chrét. zélé et charitable (5, 7). Paul lui écrira un mot pour le prier d’accueillir favorablement son esclave devenu un frère en la foi. Par la même occasion, l’apôtre lui demande de lui réserver une chambre parce qu’il espère être bientôt libéré (22). Il fera accompagner Onésime par Tychique #Col 4.7-9 pour le protéger contre les policiers recherchant les esclaves fugitifs.

- Plan (v. Contenu.).

I. Salutations v. 1-3

II. Prière : action de grâces et intercession v. 4-7

III. Requête v. 8-21

A. Préparation v. 8-16

B. Contenu v. 17-21

IV. Conclusion v. 22-25



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