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Naissance de Christ

Naissance de Christ
Nous sommes ainsi amenés, à considérer les récits des évangiles touchant l’entrée du Fils de Dieu dans le monde. Des quatre évangiles, ceux de Matthieu et de Luc seuls nous parlent de la naissance de Christ. Marc commence son évangile en présentant le Fils de Dieu au début de son ministère et nous montre essentiellement en Lui le prophète et le parfait serviteur. Jean, après avoir dit ce qu’il était de toute éternité, une Personne divine distincte : « Au commencement était la Parole ; et la Parole était auprès de Dieu ; et la Parole était Dieu », nous fait connaître ensuite ce qu’il devint : « La Parole devint chair ». Il devint ce qu’il n’était pas, ce qu’il n’était d’aucune manière. Ainsi se trouvent renversées les opinions, fruits des spéculations de l’esprit humain, et qui prétendent qu’en Lui, avant l’incarnation, il y avait une sorte d’humanité, non corporelle sans doute, mais l’essence, la nature, le caractère moral de l’humanité, et, comme le dit un de leurs docteurs, que la plénitude de la nature divino-humaine se trouvait en Lui avant l’incarnation. L’Écriture ne nous enseigne rien de semblable. Elle nous dit simplement ce qu’il était, c’est-à-dire Dieu, puis ce qu’il devint, c’est-à-dire chair. « La Parole devint chair », c’est en quelques mots le fait mystérieux de son incarnation, sans autres détails. « Chair » désigne ici l’humanité qu’a prise le Fils de Dieu, humanité complète. Le but de Jean, dans son évangile, est de faire ressortir en Christ la Personne divine descendue du ciel et marchant ici-bas, — bien que toujours dans le ciel quant à sa nature divine : « le fils de l’homme qui est dans le ciel ». « C’est Dieu lui-même comme Dieu, qui, dans un homme, se montre aux hommes ». Voilà pourquoi, après avoir dit : « Et la Parole devint chair », l’évangéliste relève aussitôt l’excellence de Celui qui vint habiter au milieu des hommes « plein de grâce et de vérité », et ajoute : « Et nous vîmes sa gloire, une gloire comme d’un Fils unique de la part du Père ». Puis, c’est ce Fils unique, toujours dans le sein du Père, qui nous fait connaître Dieu, qui, homme ici-bas, Le révèle dans sa Personne, qui Le manifeste dans ses deux caractères essentiels, « amour » et « lumière » : « la grâce et la vérité vinrent par Jésus-Christ ». Je citerai ici quelques paroles d’un autre : « En comparant les vers. 14 et 18 (du 1° chapitre de Jean), on voit que ce titre de Fils unique auprès du Père n’est pas seulement le caractère de sa gloire ici-bas, mais exprime ce qu’il était (ce qu’il a été, ce qu’il est toujours) dans le sein du Père lui-même, dans la divinité ». Ainsi ressort d’une manière frappante, dans l’évangile de Jean, l’anéantissement, l’abaissement de Celui qui, « étant en forme de Dieu », a pris « la forme d’esclave, étant fait à la ressemblance des hommes ».
Les quatre évangiles présentent, comme nous le savons, le récit de la vie du Christ comme homme ici-bas, avec des détails propres à chacun, suivant le caractère sous lequel l’Esprit Saint leur fait envisager le Sauveur. Mais les trois premiers retracent cette vie en considérant essentiellement Jésus historiquement comme homme au milieu des hommes, sans dire d’une manière formelle ce qu’il est dans sa gloire éternelle et divine comme Fils de Dieu. Ainsi que nous venons de le voir, c’est Jean qui le présente ainsi. Cependant la divinité de Christ apparaît clairement dans les trois évangiles synoptiques, comme je vous l’ai fait remarquer dans ma lettre précédente, et elle ne s’y montre pas seulement dans ses caractères moraux, comme plusieurs le prétendent, mais aussi dans ses attributs divins de toute-puissance et de toute-science, manifestant ainsi l’union dans sa Personne de la divinité et de l’humanité.



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