Lazare

Lazare

(S., F., J., T.), hébr. ‘el’azar : Dieu a secouru.

- 1. Nom du mendiant de l’histoire de Lc. 16.19-31. On le déposait à la porte du riche où il espérait se nourrir des restes ; les chiens léchaient les ulcères du misérable. Jésus ne fait pas de commentaires sur son caractère ni sur celui du riche. Tous 2 moururent : les anges transportèrent Lazare dans le sein d’Abraham, tandis que le riche allait dans un lieu de tourments. Le fait d’avoir été riche ou pauvre ne détermine nullement le sort final de ces 2 hommes. Le riche semble avoir vécu dans l’insouciance, le matérialisme et le plus complet égoïsme. Ses frères, comme lui sans doute, ne prenaient pas au sérieux Moïse et les prophètes, et ne se repentaient pas (v. 27-31). Il est clair en tout cas que le destin ultime du riche comme du pauvre dépend de leur attitude morale et spirituelle. Jésus enseigne solennellement aussi que le sort de l’homme est définitivement fixé dès l’instant de la mort. V. Séjour des morts.

- 2. Habitant de Béthanie, frère de Marthe et de Marie. Très aimé de ses soeurs et de Jésus, Lazare eut l’insigne honneur d’être ressuscité. Ses soeurs avaient fait savoir à Jésus, alors au-delà du Jourdain, que leur frère était gravement malade ; le Maître ne répondit pas immédiatement. 2 jours plus tard, Lazare étant mort, Jésus se mit en route pour Béthanie, où Marthe vint à sa rencontre.

- Se déclarant lui-même la résurrection et la vie, le Seigneur fit appel à la foi de Marthe. Accompagné des 2 soeurs et de leurs amis, il alla à la grotte servant de sépulcre, selon la coutume des Juifs. Jésus commanda de rouler la pierre fermant l’entrée et adressa une prière d’actions de grâces à Dieu, pour montrer aux assistants que son Père l’avait envoyé accomplir le miracle. Puis il s’écria : "Lazare, sors !" Le mort sortit #Joh 11.1-44

La grandeur de ce miracle suscita des transports d’enthousiasme jusqu’à Jérusalem, mais décida aussi le Sanhédrin à faire mourir Jésus, que le peuple voulait faire roi. Le Sanhédrin ne désirait pas cette royauté spirituelle, qui aurait empêché le soulèvement contre les Romains et la restauration de l’ancien gouvernement théocratique. Les chefs estimèrent préférable, en supprimant Jésus, qu’un homme, coupable ou non, périsse pour la nation (11.45-53 ; 12.9-19). Lazare assista à Béthanie au souper que Simon le lépreux donna en l’honneur de Jésus, 6 jours avant la Pâque (12.1, 2). Les Juifs, furieux de voir de ce fait la popularité de Jésus augmenter, complotèrent également la mort de Lazare ; la dernière mention de lui est aux v. 10, 11. Sans doute échappa-t-il à l’attentat et mourut-il d’une mort naturelle, dont nous ignorons toutes les circonstances.

- L’identif. de la tombe dite de Lazare à Béthanie (el-Ayariyeh) sur les pentes est du Mont des Oliviers, remonte au "Pèlerin de Bordeaux," un pèlerin inconnu qui a fait un voyage en Terre sainte en 333-34 ap. J.-C., au temps où Hélène, la mère de Constantin le Grand, cherchait à Jérusalem les lieux saints. S. J. Saller a établi qu’à la fin du 4e siècle, une église existait au-dessus de cette tombe. Les marches qui y descendent n’auraient été taillées qu’au 17e siècle.



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