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Lamentations de Jérémie

Lamentations de Jérémie (Les)

- Auteur.

- Le livre des Lamentations est intitulé dans la plupart de nos Bibles : Lamentations de Jérémie. Dans le canon juif, il était anonyme ; le texte lui-même ne porte aucune indication d’auteur, cep. la tradition juive (Talmud, Targums) l’attribue au prophète Jérémie. La LXX l’introduit ainsi : "Et il advint qu’après la déportation d’Israël et la dévastation de Jérusalem, Jérémie s’assit, pleurant et se lamentant sur la ville. Voici ses paroles :". La tradition chrét. (Pères de l’Eglise, Vulgate) est restée dans la même ligne.

- Les exégètes contemporains sont partagés. Cert. d’entre eux relèvent de légères diff. de style ("plus orné et plus artificiel") ou d’option politique. Il leur semble difficile de concilier Lam. 4.17 avec l’attitude du prophète reflétée dans Jr. 2.18 et 37.5-10, mais tous s’accordent à reconnaître que la description si vivante de la désolation de Jérusalem peut seulement émaner d’un témoin oculaire qui n’a pas vu la reconstruction du Temple en 538. Certains auteurs qui refusent d’attribuer l’écrit entier à Jérémie lui concèdent la rédaction du chapitre 3 (cf. Jr. 7.16 ; 11.14 ; 14.11, 17 ; 15.11) et relèvent des similitudes de style, de vocabulaire et de figures poétiques ainsi que la parenté profonde des thèmes fondamentaux. Beaucoup d’entre eux acceptent, de plus, l’unité du livre.

- Les différences de style s’expliquent très bien par la différence de genre littéraire entre les messages prophétiques et les complaintes de ce livre. Jérémie était familier du genre "Lamentations". 2 Ch. 35.25 nous dit qu’il composa une complainte lors de la mort de Josias. D’autre part, l’attitude reflétée par 4.17 se concilie fort bien avec l’attitude de Jérémie avant la catastrophe puisque, dans ce passage, il s’identifie avec son peuple et avec ses espoirs déçus. Il n’y a donc aucune raison contraignante pour refuser la paternité de cet écrit au prophète dont le ministère a dominé toute cette époque troublée.

- Date.

- Les quatre premiers poèmes ont dû être écrits peu après la destruction de Jérusalem en 586. En effet, Jérémie est resté seulement quelques semaines sur place. Le 5e ch. a pu être rédigé plus tard lorsque la captivité se prolongeait. Les poèmes évoquent de manière dramatique le siège (2.22 ; 3.5, 7), la famine (1.11, 19 ; 2.11, 12, 19, 20 ; 4.4, 5, 9, 10), la fuite du roi (1.3, 6 ; 2.2 ; 4.19, 20), le Temple détruit (1.10 ; 2.6, 7) puis brûlé (2.3-5 ; 4.11 ; 5.18), les murailles démolies (2.7-9), les chefs massacrés (1.15 ; 2.2, 20 ; 4.16) et les habitants exilés (1.1, 4, 5, 18 ; 2.9).

- Contenu.

- Des poèmes de lamentations existaient déjà au 3e millénaire avant Jésus-Christ. C’était un genre littéraire répandu chez les Sumériens. Des tablettes nous rapportent les plaintes des poètes qui avaient assisté à la destruction de Sumer et d’Our en Chaldée. Au 6e s. av. J.-C., la litt. babylonienne contient de nomb. chants funèbres. Des inscriptions cunéiformes invitent les villes vaincues à se lamenter sur leur sort. Par ses poèmes, Jérémie se situe donc dans une tradition littéraire antique, mais, dans ce cadre conventionnel, il inscrit des pensées spécifiquement bibl. : la ruine de la ville sainte n’est pas l’effet d’un malheureux hasard, elle est la manifestation du juste jugement de Dieu, le résultat logique et inéluctable des nomb. transgressions de la Loi. C’est le péché du peuple, de ses prêtres, et de ses faux prophètes qui a causé cette catastrophe. Depuis des générations, Dieu les avait avertis. La prise de Samarie par les Assyriens en 722 aurait dû les alerter et les amener à la repentance. Un profond sentiment de culpabilité débouchant sur une confession de péché par laquelle le prophète s’identifie avec son peuple traverse tout le livre (1.5, 8-9, 18, 22 ; 3.40-42 ; 4.13, 22 ; 5.7).

- Cep., si la situation est tragique, elle n’est pas désespérée. Dieu restera fidèle à son alliance (3.19-39). Il est le Maître de l’histoire. La souffrance présente est destinée à amener le peuple à une plus grande maturité spirituelle et à la repentance (3.25-30). Dieu ne rejette pas à toujours. (Dt. 30 ; Rom. 11) Malgré tout, Jérémie veut espérer en l’Eternel (3.22-27, 31-33).

- But.

- Le peuple de Juda a été confronté à la souffrance. Ce livre veut l’inciter à se soumettre à Dieu, à se repentir et à changer de conduite. Le prophète veut amener ses compatriotes à reconnaître le bien-fondé des voies de Dieu à son égard et à faire appel à sa miséricorde, car le châtiment n’est jamais le dernier mot de Dieu. S’il est accepté de manière positive, il est une "porte d’espérance" #Ho 2.17 par laquelle Dieu pourra introduire les siens à de nouvelles bénédictions.

- Repentance et espérance sont les deux pôles du livre, valables pour le chrét. éprouvé comme pour le Juif du 6e s. av. J.-C.

- Plan.

- Le livre se présente sous forme de poèmes acrostiches (sauf le ch. 5). Dans les ch. 1, 2 et 4, chaque verset commence par une autre lettre suivant l’ordre alphabétique hébr. Dans le ch. 3, trois versets successifs commencent par la même lettre. Quelle est la signification d’un tel procédé poétique ? Au-delà du moyen mnémotechnique, nous pouvons discerner une intention plus profonde. Celui qui récite l’alphabet, a-t-on dit, embrasse toutes les possibilités des mots d’une langue. Jérémie a-t-il voulu suggérer par là une expr. complète de la douleur et une confession exhaustive des péchés ? D’autre part, en coulant son cri de douleur dans une forme très classique et structurée, il évoque l’idée d’une souffrance disciplinée et contenue dans des limites déterminées.

Ch. 1 : -Etat désolé de la ville.

Ch. 2 : -La cause de ses malheurs : la colère de l’Eternel. Pas de changement sans repentance.

Ch. 3 : -Fidélité de Dieu à travers le châtiment.

Ch. 4 : -Autrefois et aujourd’hui.

Ch. 5 : -Appel à la repentance et à l’espérance.



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