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LE 4ème COMMANDEMENT

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Tu auras soin de respecter le jour du sabbat et de le tenir pour saint. Pendant six jours tu travailleras pour accomplir tout ce que tu as à faire et le septième jour est le jour du repos du Seigneur ton Dieu, tu ne feras aucun travail en ce jour là ni toi, ni ton fils ni ta fille, ni ton serviteur ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui réside dans ton pays, car en six jours le Seigneur à fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve mais le septième jour il s’est reposé. C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat et l’a déclaré saint. Tel est le quatrième commandement.
Pour certains le sabbat demeure une obligation, mais il a été transféré au dimanche et donc chacun est tenu de se reposer le dimanche. Ce point de vue se heurte pourtant aux épîtres de Paul qui déclare qu’il n’y a plus de différence entre les jours.

Dans son épître aux Romains, il souligne que ce sont les faibles qui font encore de telles différences ou encore aux Colossiens il écrit : « que personne ne vous juge au sujet des sabbats c’était l’ombre des choses à venir, la réalité est en Christ.
Les premiers chrétiens se réunissaient tous les jours et pas seulement le dimanche, d’ailleurs une bonne partie d’entre eux travaillait le dimanche en particulier les esclaves. Il n’est pas question de revenir au samedi, alors selon d’autres ce quatrième commandement n’a plus rien à voir avec nous qui sommes sous la nouvelle alliance.
Le quatrième commandement relèverait de la loi cérémonielle qui aurait été aboli d’après eux, seule subsisterait la loi morale.
Nous avons vu hier qu’il n’est pas très juste de raisonner ainsi en particulier, il n’est pas très juste de prendre pour nous neuf des dix commandements et d’en laisser un de côté, celui qui concerne le sabbat. N’est-ce pas arbitraire ? L’écriture ne fait nulle part une distinction entre la loi morale et la loi cérémonielle pour déclarer que l’une serait abolie, au contraire nous avons lu ce texte de Jésus, cette parole de Jésus dans le sermon sur la montagne dans Matthieu 5 : « ne vous imaginez pas que je sois venu pour abolir ce qui est écrit dans la loi ou les prophètes, je ne suis pas venu pour abolir mais pour accomplir. Oui vraiment je vous l’assure tant que le ciel et la terre resteront en place, ni la plus petite lettre de la loi ni même un point sur un i n’en sera supprimés jusqu’à ce que tout se réalise, par conséquent si quelqu’un n’obéit pas à un seul de ces commandements même s’il s’agit du moindre d’entre eux et s’il apprend aux autres à faire de même il sera lui- même considéré comme le moindre dans le royaume des cieux, au contraire celui qui obéira à ces commandements et les enseignera aux autres sera considéré comme grand dans le royaume des cieux.
Le quatrième commandement demeure donc si l’on en croit cette parole de Jésus en vigueur pour nous aussi mais nous allons voir que la manière de l’appliquer à quelque peu changé.

C’est plus ou moins vrai pour tous les commandements. Le quatrième commandement reste donc parole de Dieu pour nous aujourd’hui mais comment ? Que nous enseigne-t-il à nous aujourd’hui ? Pour le déterminer, considérons d’abord son sens dans son contexte historique et dans le cadre de l’histoire du salut.
En insistant sur l’obligation de s’arrêter un jour sur sept on remarque que le quatrième commandement nous parle aussi du travail comme étant une responsabilité de l’homme, tu travailleras six jours pour faire tout ce que tu as à faire.
Le quatrième commandement n’est pas seulement le commandement du repos c’est aussi celui du travail, le sabbat est défini comme un jour de repos après six jours de travail. Un jour où l’on s’arrête de travailler mais pour s’arrêter de travailler il faut d’abord avoir travaillé.
Le quatrième commandement concerne donc le rythme de l’activité humaine, le rythme du travail et du repos. Ce qui ressort du texte du quatrième commandement dans le livre de l’exode c’est que l’homme est appelé à imiter son créateur par son travail et aussi dans son repos. En six jours le Seigneur a fait le ciel, la mer et tout ce qui s’y trouve et le septième, il s’est reposé. Il y a là, toute une théologie du travail, toute une théologie de l’activité humaine, le travail est une bonne chose, c’est d’abord une activité de Dieu, puis l’homme qui est l’image de Dieu est appelé à travailler comme Dieu jusqu’à un certain point. L’homme manifeste son caractère d’image de Dieu par son activité, par son travail. L’être humain n’est qu’une image de Dieu, il n’est pas Dieu, il ne va donc pas crée à partir de rien comme Dieu a crée, mais son activité ressemble néanmoins à celle de Dieu. Il va imiter Dieu, imiter seulement, mais réellement en faisant des choses, en fabriquant, en transformant, en réalisant, et il va réaliser des choses bonnes, utiles, profitables et belles comme Dieu.
Dès le jardin d’Eden, l’homme est appelé à cultiver le jardin, à s’assujettir la création, à en exploiter les possibilités que Dieu y a disposées tout en la gardant, il s’agit de l’exploiter dans le bon sens du terme, la mettre en valeur, en la gardant, en la protégeant. Et cette responsabilité que Dieu a confié à l’humanité à l’origine demeure aujourd’hui. Il y a là quelque chose de valorisant pour l’être humain, quelque chose qui procure satisfaction on a besoin de se savoir utile, c’est nécessaire à son équilibre, et l’être humain peut retirer de la joie de ce qu’il a pu accomplir. Le travail est bon pour l’homme comme il l’est pour Dieu. L’être humain doit donc imiter Dieu par le travail, il doit imiter Dieu aussi par le repos.
Le quatrième commandement renvoie ici au texte de la Genèse, on voit que Dieu a crée en six jours et que le septième il s’est reposé, il a cessé son œuvre.
Quel est le sens de ce repos de Dieu ? Contrairement à ce que l’on voit pour les six premiers jours de la création, il n’est pas dit au sujet du septième : il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut le septième jour. Cette absence dans un récit qui est calculé au millimètre près et bien pensé, cette absence ne saurait être sans signification. Elle suggère que le septième jour ne se termine pas et on pourrait aussi citer une parole de Jésus dans un évangile qui implique cela aussi. Le septième jour durait encore à l’époque de Jésus, en fait le septième jour est très probablement l’histoire de la création. Dieu ayant terminé son œuvre de création, il laisse la place à l’histoire et en particulier l’histoire de l’homme.
Le septième jour est le jour où Dieu arrête son œuvre, il cesse son activité créatrice pour laisser la place à l’histoire du monde crée. Le monde, l’humanité maintenant crées sont lancés dans la vie, projetés dans l’histoire. L’homme et le monde ne sont cependant pas lancés seuls dans l’histoire, Dieu reste là et il va vivre l’histoire avec sa création et l’humanité. Alors vu du côté de Dieu, le septième jour est celui où il a en face de lui un interlocuteur nouveau et où il commence à vivre avec l’homme une histoire.
Ce septième jour, Dieu le bénit nous dit la Genèse et c’est repris dans le texte du décalogue dans l’Exode, Dieu donc bénit l’histoire de la création, l’histoire de l’humanité, il bénit le temps qu’il donne à la création et à l’humanité afin que ce temps soit un temps de bonheur, de bien-être, afin que l’histoire soit heureuse pour la création et pour l’humanité, que l’histoire soit un temps d’épanouissement.
Dieu ne bénit pas seulement l’histoire mais il la consacre ou il la sanctifie, il la déclare sainte. Il rend le septième jour sacré, saint c’est-à-dire qu’il en fait un jour de culte, car le mot saint désigne ce qui a rapport au culte. L’histoire est donc destinée à être un culte de Dieu, un service de Dieu. La création, l’humanité ont pour vocation d’adorer Dieu, de le louer, de célébrer son culte, de le servir dans toute leur activité, tel est le sens que Dieu donne à l’histoire à l’origine.
Le septième jour est alors un jour où Dieu jouit de son œuvre, de sa création, de la communion avec l’humanité. Dieu a crée, il a achevé au bout de six jours, le septième jour est le jour où il jouit de son œuvre, où il en tire satisfaction. Il cesse donc son œuvre pour cela, il se repose, le verbe hébreux shabbat qui a donné sabbat en français signifie cesser. Dieu cesse son œuvre pour que la création s’épanouisse et vive dans sa communion car tel est le sens du culte, vivre dans la communion de Dieu. Dieu donc bénit et rend saint le septième jour, Dieu bénit et rend sainte l’histoire de la création, l’histoire humaine. Mais la désobéissance a altérée cette situation, a altérée le bonheur de la création, l’homme a cessé de rendre son culte au Seigneur, la création a été maudite, le travail est devenu pénible, l’activité humaine est devenue pénible, l’histoire en quelque sorte a été maudite, l’homme s’est coupé de Dieu, il a été chassé du temple où Dieu l’avait placé. On pourrait montrer que Moïse décrit le jardin d’ Eden comme un temple où l’homme rencontre Dieu.
L’accès du jardin est barré par les chérubins qui étaient dans le Proche-Orient ancien des gardiens de temple.
Le septième jour, l’histoire n’est donc plus pour l’homme bénédiction, l’homme ne rend plus son culte à Dieu et l’histoire en vient à perdre son sens.
L’existence humaine devient un constant dérapage dans une histoire qui a perdu sa finalité, l’histoire, l’existence humaine sont devenues absurdes. Le travail qui était bon pour l’homme à l’origine reste la responsabilité de l’homme mais il devient un esclavage, esclavage au sens figuré car s’il continue de procurer un certain épanouissement, une certaine joie, une certaine satisfaction, il représente aussi pour l’homme des contraintes dures, inconnues à l’origine.
Le travail pénible use l’homme mais de surcroît le travail devient esclavage au sens propre. L’homme exploite l’homme, asservit son prochain, Israël vient d’en faire l’expérience pendant quelques siècles de dures servitudes en Egypte. Pendant ces quelques siècles ce peuple a vécu d’une manière optimale la malédiction qui pèse sur l’histoire humaine, la malédiction qui pèse sur l’activité de l’homme sur son travail, ce peuple l’a expérimenté de la manière la plus aigue possible.
C’est justement en faveur de ce peuple d’esclaves que Dieu intervient pour le libérer de l’esclavage en Egypte, le libérer de la malédiction de l’histoire, la malédiction qui pèse sur le travail. Dieu tire ce peuple de l’abîme le plus profond et c’est à ce peuple le plus misérable de tous, ce peuple d’esclaves que Dieu offre maintenant son sabbat.
Le Seigneur offre au peuple cette participation au repos de Dieu que l’homme connaissait à l’origine dans le jardin d’Eden. Dieu donne à son peuple un jour sur sept pour qu’il cesse son ouvrage comme Dieu lors de la création du monde et que le peuple tire satisfaction de son travail, jouisse du fruit de son travail. Dieu bénit ce jour et rend au peuple quelque chose du bonheur de l’origine, Dieu déclare saint ce jour en ce jour le peuple va retrouver quelque chose de la communion avec Dieu, de l’harmonie originelle entre Dieu et l’homme alors qu’il rendra son culte à son Dieu.
Comme à l’origine, le sabbat est un don de Dieu à l’homme, un don de Dieu ici à son peuple. On ne peut cependant manquer de remarquer le caractère limité de ce don. Ce n’est plus l’histoire de l’humanité qui est bénie, ce n’est plus l’histoire de l’humanité qui est culte rendu au Seigneur, ce n’est plus qu’un jour par semaine, un jour sur sept et pour un peuple seulement. Dieu rend à l’homme quelque chose du sabbat de l’origine mais il y manque beaucoup, c’est très limité.

Qu’à fait Israël de l’offre de Dieu ? le peuple n’a pas su la recevoir, il s’en est montré incapable tout d’abord au désert il s’est rebellé et dans le Psaume 95 qui rappelle cela, l’auteur dit ceci au verset 10 : « pendant 40 ans, j’ai éprouvé (c’est Dieu qui parle) du dégoût pour cette génération et j’ai dit c’est un peuple qui s’égare et ne fait aucun cas des voies que je lui prescrit, c’est pourquoi dans ma colère, j’ai fait ce serment, ils n’entreront pas dans mon repos ». Ils n’entreront pas dans le lieu du repos, la terre promise où le peuple devait vivre le sabbat, la première génération a péri au désert à cause de sa rébellion, elle n’a pas connu le repos. Et qu’en est-il des générations suivantes ? La première génération est celle qui est sortie d’Egypte, et qu’en est-il des générations suivantes ? eh bien même entrée en terre promise Israël n’a pas su saisir l’offre du sabbat, et c’est ce que souligne l’auteur de l’épître aux hébreux au chapitre 4 où dans ce texte il fait une typologie du sabbat, hébreux 4 V3 : « aujourd’hui si vous entendez la voix de Dieu, ne vous endurcissez pas comme l’on fait vos ancêtres lorsqu’ils se sont révoltés et qu’ils ont dans le désert voulu me forcer la main, c’est pourquoi j’étais plein de colère contre cette génération, c’est pourquoi dans ma colère j’ai fait ce serment ils n’entreront pas dans mon repos ».
L’auteur de l’épître aux Hébreux cite le psaume 95, la raison pour laquelle le peuple n’a pu entrer dans le repos c’est la désobéissance. Hébreux 4 V 8 dit : « en effet, si Josué avait assuré le repos aux Israélites, Dieu ne parlerait pas après cela d’un autre jour ».Les Israélites n’ont pas connu le repos et la raison est donnée au verset 6 : Il demeure donc établi que certains doivent entrer dans ce repos. Or ceux qui les premiers ont entendu cette Bonne Nouvelle n’y sont pas rentrés car ils ont désobéi à Dieu ».

Le peuple d’Israël n’a donc pas reçu véritablement le repos que Dieu lui offrait à cause de sa désobéissance.
Le caractère limité du sabbat un jour sur sept seulement, l’échec du peuple à entrer véritablement dans le repos de Dieu, ces éléments sont lourds de sens. Ils indiquaient que le sabbat de l’Ancienne Alliance n’était pas encore le véritable repos, la véritable participation au repos de Dieu.
Le sabbat sous l’Ancienne Alliance n’était qu’un pâle reflet d’une réalité qui le dépassait et qui était encore à venir.
Le sabbat de l’Ancienne Alliance pointait vers un autre sabbat, c’était l’ombre de réalités à venir dit Paul aux Colossiens, d’une réalité qui maintenant est venue avec Jésus-Christ, avec celui qui a dit : « venez à moi vous tous qui êtes fatigués et chargés et je vous donnerai du repos ».
Alors aujourd’hui, il nous est véritablement offert de vivre le sabbat et de participer au repos de Dieu. L’auteur de l’épître aux Hébreux le souligne toujours dans son chapitre 4, c’est pourquoi Dieu fixe de nouveau un jour qu’il appelle aujourd’hui lorsqu’il dit beaucoup plus tard dans les Psaumes de David : « aujourd’hui si vous entendez sa voix, ne vous endurcissez pas.
En effet si Josué avait assuré le repos aux Israélites, Dieu ne parlerait pas après cela d’un autre jour, c’est donc qu’un repos reste pour le peuple de Dieu, un repos semblable à celui de Dieu le septième jour, car celui qui est entré dans le repos de Dieu se repose de ses œuvres comme Dieu s’est reposé des siennes. Empressons-nous donc d’entrer dans ce repos afin que personne ne tombe dans la désobéissance à l’exemple des Israélites.
Aujourd’hui par Jésus-Christ, le sabbat nous est réellement offert, en Christ notre histoire est à nouveau bénie, en Christ notre histoire devient à nouveau culte rendu au Seigneur, en Christ notre histoire retrouve son sens et sa finalité.

Le sabbat était le signe que le temps, que l’histoire appartenait au Seigneur et devait être vécu comme un culte au Seigneur dans le service du Seigneur. Vivre le sabbat aujourd’hui c’est reconnaître que notre temps appartient au Seigneur, c’est vivre notre vie comme un culte rendu au Seigneur, comme un service du Seigneur et c’est Christ qui nous permet de vivre ainsi le sabbat et de le vivre pas seulement un jour sur sept mais de le vivre sept jours sur sept.
Christ nous a apporté la réalité signifiée par le sabbat et si nous vivons la réalité, le signe qui était le sabbat sous l’Ancienne Alliance perd sa raison d’être.
Je ne dit pas que le quatrième commandement serait aboli, nous devons le vivre en Christ, de même que la loi sur les sacrifices n’est pas abolie mais accomplie. Il est nécessaire qu’un sacrifice soit offert pour que nous ayons le pardon et ce sacrifice ce ne sont plus les sacrifices d’animaux c’est le sacrifice de Christ et bien de même nous vivons la réalité du sabbat et nous la vivons plus pleinement que sous l’Ancienne Alliance car nous la vivons sept jours par semaine.
A cause de Christ, Dieu bénit pour nous notre semaine toute entière et pas simplement le samedi ou le dimanche.
Sous la Nouvelle Alliance, nous devons sanctifier les sept jours de la semaine et pas seulement le samedi ou le dimanche. Nos semaines entières, nous devons les consacrer à Dieu, elles doivent être en quelque sorte un temps de culte rendu au Seigneur.
Chaque jour doit être saint, chaque jour doit être un jour de service du Seigneur. S’il n’y a plus de distinction entre 6 jours profanes et un jour sacré c’est parce que tous les jours sont sacrés, sanctifiés.
Notre temps appartient au Seigneur, telle est la portée du quatrième commandement, à nous d’offrir notre temps au Seigneur et c’est parfois plus difficile que d’offrir son argent. Notre temps appartient au Seigneur, pas seulement un jour par semaine. La Nouvelle Alliance n’abolit pas l’Ancienne, elle la reprend, elle l’englobe pour aller plus loin. Les jours de travail eux-mêmes doivent être vécus comme des sabbats, comme des temps pour Dieu.
En fait ce quatrième commandement touche à notre vie entière, il traite de la question de notre temps, il nous invite à faire de notre temps à 100% un temps consacré au Seigneur, un temps de culte et de service du Seigneur.
L’apôtre Paul ne dit-il pas : « tout ce que vous faites, que ce soit manger, que ce soit boire, faites-le pour la gloire de Dieu et donc en quelque sorte comme un service de Dieu, comme un culte rendu à Dieu.
Donc notre temps appartient au Seigneur, nous sommes invités à le lui offrir, mais qu’est ce que cela signifie concrètement ? Que nous enseigne le quatrième commandement sur l’utilisation de notre temps ? La première chose qui saute aux yeux est qu’il ne faudrait pas être esclave du travail, le travail est une bonne chose voulue par Dieu, une responsabilité confiée par Dieu à l’homme, en l’accomplissant l’homme imite son créateur mais le Deutéronome rappelle aussi ce qu’est devenu le travail avec la désobéissance d’Adam.
Dans la version du décalogue que l’on a dans le Deutéronome, il est rappelé qu’Israël a été réduit à l’esclavage par les égyptiens et que Dieu l’a libéré de cet esclavage et la raison qui est donnée pour laquelle Israël doit respecter le sabbat c’est justement le fait que Dieu l’a libéré de l’esclavage en Egypte.
C’est parce que Dieu à ainsi libéré son peuple qu’il lui offre le sabbat, il ne faudrait donc pas qu’Israël retombe dans l’esclavage, Dieu l’a libéré pour qu’il soit réellement libre, pour que son temps ne soit plus un temps d’esclavage mais que ce temps soit utilisé autrement d’une manière nouvelle, il faut s’en souvenir pour les autres et pour soi-même.
Pour les autres, parce que le décalogue précise que le sabbat de son fils, de sa fille, de ses serviteurs et même de son bétail doit être respecté.
Le quatrième commandement concerne bien nos rapports avec le prochain, il a une dimension sociale et il faut s’en souvenir pour soi-même aussi. Car il n’est pas naturel pour tous les êtres humains de s’arrêter, de cesser leur activité pour se reposer contrairement à ce qu’on pourrait voir de prime abord.
Le prophète Amos fustige les commerçants de son temps qui considéraient le sabbat comme un jour de bonnes affaires perdues, comme occasionnant une perte de rentabilité, la même mentalité ne se retrouve t’elle pas de nos jours ? De plus en plus, il est question d’ouvrir les grands magasins tous les jours dimanches compris ou de faire tourner les machines sans les arrêter, alors le problème ne réside pas dans le fait de travailler le dimanche et pour certaines professions cela s’avère nécessaire, j’ai une fille infirmière, j’en sais quelque chose, le problème c’est la mentalité qui est derrière cette course à la rentabilité.
Le monde dans lequel nous vivons à des valeurs contraires à celles du sabbat, il prend pour idole la productivité, le rendement, l’efficacité qui sont de réelles valeurs mais quand on en fait les valeurs suprêmes, quand on y asservit les humains, que cela conduit à une lutte sans merci pour écraser la concurrence alors que chacun devrait pouvoir vivre de son travail, ces valeurs deviennent des idoles.
Il y a quarante ans Alain- Georges Martin qui a été professeur à la faculté d’Aix-en-Provence a écrit un petit livre sur le sabbat et il soulignait déjà qu’il y a quarante ans on vivait dans une civilisation qui sous sa forme marxiste ou capitaliste avait placé le travail au-dessus de toutes les vertus.
Aux Etats-Unis, un homme vaut par les dollars qu’il a amassé et en Russie Soviétique le héro du travail est un héro de la patrie ce qui finit par primer le rendement et l’efficacité, le travail devient un totalitarisme parce qu’il est dévié de sa vraie destination alors que le sabbat signifie l’épanouissement de l’homme. Ce totalitarisme dit Alain- Georges Martin se manifeste dans tous les domaines, l’accélération des cadences, la soumission de l’homme à la machine en ce qui concerne les ouvriers, l’assujettissement des cadres à la nécessité permanente du recyclage pour être à la page et se retrouver en dehors du coup à cinquante ans.
On travaille à un point tel que cela en devient absurde et pour oublier cette absurdité on travaille encore plus. Dans ces quelques lignes du livre d’Alain-Georges Martin : « encore une fois, ce n’est pas le travail qui est en cause ici mais le sens qu’on lui donne et il faut bien reconnaître l’évidence, ce qui forme notre société moderne c’est le rendement, l’efficacité, l’argent. Les mots clefs de l’économie sont productivité, expansion cela est vrai à l’Est comme à l’Ouest, à gauche comme à droite mais sait-on déjà poser la question pourquoi produire ? Jusqu’où l’expansion ? Pour le mieux être c’est en partie vrai il faut le reconnaître même si l’on est un détracteur de la société de consommation, il faut le reconnaître que la technique apporte dans de nombreux domaines un bien-être accru, mais pour quoi faire l’homme ne le sait plus ? Et ce qu’il faut redire aujourd’hui avec virulence c’est que l’homme n’a pas été fait pour le travail mais le travail a été fait pour l’homme.

Le travail devait répondre aux besoins de l’homme mais il devient souvent fuite, refuge, idole et il en devient absurde. Le sabbat avait été donné pour que l’on jouisse du fruit de son travail mais si l’on ne sait plus s’arrêter pour profiter de ce fruit, le travail perd sa raison d’être, il n’est plus qu’un maître aliénant, le sabbat n’est donc pas contre le travail, il lui donne au contraire un sens. Le sabbat présuppose le travail, on ne peut pas jouir du fruit de son activité si l’on n’a pas travaillé. Le chrétien devrait être quelqu’un qui travaille et qui fait bien son travail. Le travail est une bonne chose mais ne doit pas être une fin en soi. Tel est le sens du quatrième commandement, le travail sans le sabbat est vide de sens.
Le Lévitique stipulait même au chapitre 25 V 4 : la septième année sera une année de sabbat, un repos pour la terre, on la laissera se reposer en l’honneur du Seigneur. Tous les sept ans on devait laisser la terre se reposer, cela ne cadre pas bien avec la recherche du rendement maximal et immédiat. Le sabbat c’est aussi le respect de la nature, de la création de Dieu .
Le sabbat nous enseigne à respecter le temps de Dieu et à respecter le temps de la nature et donc la nature elle-même. Il nous apprend que l’homme n’est pas maître du temps il n’est que le gérant des temps qui lui sont donnés.
Bien sûr depuis qu’Alain-Georges Martin a écrit son livre, il y a eu les 35 heures. On nous dit que les français sont les occidentaux qui travaillent le moins c’est vrai à certains égards, la durée du travail est inférieure à ce quelle est ailleurs et les jours de congé sont plus nombreux, mais la réalité est beaucoup plus complexe, beaucoup plus diverse, contrastée que ces simples constats.
D’une part les 35 heures constituent une véritable tyrannie lorsqu’elles imposent de faire dans le temps de travail imparti, ce que l’on accomplissait autrefois en 39 ou 40 heures. Ces 35 heures engendrent finalement un surcroît de stress pour certains. A côté de cela certains responsables continuent de passer de plus en plus d’heures au travail, ils embarquent leurs dossiers à la maison. En outre, la France est le pays occidental où en proportion le plus grand nombre de femmes ont une activité professionnelle et c’est aussi le pays où ces femmes qui ont une activité professionnelle consacrent le plus grand nombre d’heures à leur profession.
Alors on nous dit qu’il faut travailler plus pour gagner plus, c’est peut-être vrai pour certains mais pas pour tous.
En outre que fait-on du temps gagné par la réduction du temps de travail, plus cela va, plus on se loge loin de son activité professionnelle car le logement coûte cher et donc on perd de plus en plus de temps dans les transports en commun ou la voiture.
Avec les congés payés, la réduction du temps de travail pour certains, notre société est devenue de plus en plus société de loisirs, il existe aujourd’hui un véritable esclavage des loisirs.
D’abord les désoeuvrés sont esclaves de leur temps de loisir car ils ne savent plus comment l’utiliser, de l’autre côté les activistes des loisirs courent d’un loisir à un autre, souvent ce sont les enfants que l’on fait courir d’une activité à une autre. Je ne suis pas contre les activités des enfants j’ai moi-même fait faire de la musique à mes enfants mais parfois je vois certains enfants qui ont trois, quatre activités différentes dans la semaine.
Vous avez aussi les gens qui passent des heures coincés dans les embouteillages pour les routes des week-ends ou des vacances et ceux qui s’entassent sur les plages pour se changer de l’encombrement de nos cités.
Dans sa fameuse chanson le travail c’est la santé Henri Salvador parle de ces gens qui travaillent 11 mois comme des fous pour pouvoir partir en vacances et qui reviennent de leur vacance encore plus crevés que lorsqu’ils sont partis.
Il ne s’agit pas de rejeter tous loisirs, nous en avons besoin pour notre équilibre mais certains loisirs peuvent accaparer indûment notre temps, devenir comme une seconde profession et nous empêcher de consacrer du temps à notre famille, à l’église ou au Seigneur.
Dans certaines églises lorsqu’on propose un catéchisme pour les jeunes pendant la semaine, les parents lèvent les bras au ciel car leurs enfants ont déjà trop d’activités extra-scolaires auxquelles il faut les conduire.
Et combien ne laisse t’on pas accaparer de temps par la télévision ou l’internet. Les français passent en moyenne 2 heures par jour devant la télévision et avec le nombre accru de chaînes accessibles depuis quelques années je crains que cela n’aille pas en diminuant et à côté de cela il y a tout le temps à passer à surfer sur le net.
Combien de temps le chrétien moyen passe t’il de temps à lire sa bible et à prier ou encore à lire de bons livres pour en être édifié ?
Le commandement du sabbat a aussi pour but de nous libérer de l’esclavage des loisirs, alors que faire ? Pour certains le travail est une corvée, un esclavage, tous n’ont pas un métier qu’ils aiment et ont plutôt l’impression d’accomplir des tâches dégradantes c’est d’ailleurs plus ou moins vrai pour tout le monde dans une certaine mesure, car même celui qui aime son métier en ressent durement les contraintes à l’un ou l’autre moment. Cela peut être aussi vrai pour la femme au foyer et cela peut être vrai aussi pour le pasteur.
La libération vient aussi par l’adoption d’un état d’esprit qui consiste à regarder son labeur comme un service de Dieu et à offrir son travail au Seigneur. Paul écrivait aux esclaves : esclaves, obéissez en tous points à vos maîtres terrestres pas seulement quand on vous surveille comme s’il s’agissait de plaire à des hommes mais de bon gré parce que vous craignez le Seigneur .Quelque soit votre travail, faites-le de tout votre cœur et cela par égard pour le Seigneur et non pas seulement pour des hommes.
Œuvrer pour Dieu donne un sens et de la valeur à ce que l’on fait , mais il faut aussi savoir s’arrêter et aller parfois à contre courant.
Déjà parfois à l’époque de l’Ancien Testament, le sabbat paraissait aller à contre courant. Respecter le sabbat pouvait paraître une folie et certaines stipulations le font bien sentir.
Dans le livre de l’Exode au chapitre 34 V21 : Vous travaillerez six jours mais le septième jour vous vous reposerez même au temps du labour et de la moisson.

On devait même s’abstenir de ramasser du bois pour faire du feu le jour du sabbat pour être vraiment dégagé du travail quotidien ce qui n’est pas naturel à l’homme de s’arrêter il y a toujours quelque chose à faire, toujours des urgences, des priorités que l’on se donne et qui peuvent empêcher l’homme de se reposer, mais à quoi sert alors l’activité humaine ?
L’ecclésiaste nous livre alors quelques réflexions intéressantes au chapitre 4 de son livre il nous dit : « J’ai constaté que tout labeur et toute habileté que les hommes mettent à leurs œuvres sont motivées par la rivalité des uns envers les autres, cela aussi est dérisoire, autant courir après le vent ».
Il commence ainsi par mettre en garde contre les fausses motivations du travail, celles qui poussent les humains à l’excès de travail, la jalousie, le désir d’avoir comme le voisin ou plus que lui, la recherche de la plus haute condition sociale, tout cela peut rendre esclave du travail puis V 5 : « celui qui se croise les bras est un insensé et il se détruit lui-même.
Il dénonce maintenant l’excès inverse celui de la paresse, le sabbat n’est pas contre le travail et au V 6 il dit : « mieux vaut une main pleine de repose que deux mains pleine de travail à courir ainsi après le vent ». Il nous recommande l’équilibre, il faut savoir s’arrêter, c’est le sabbat qui donne son sens au travail.
Un autre texte dans l’écriture souligne de manière particulière que Dieu lui n’est pas esclave du travail, il se trouve dans le livre de l’Exode au chapitre 31 V 17 : le sabbat sera un signe à perpétuité entre moi et les israélites car en six jours le Seigneur a fait le ciel et la terre et le septième jour il a cessé de travailler pour reprendre son souffle .
Le repos du Seigneur le septième jour après l’œuvre de création montre que Dieu a du temps pour sa création et qu’en particulier il consacre du temps à l’homme c’est cela qui donne du sens à son œuvre. Si Dieu n’avait pas du temps pour sa création et en particulier pour l’humanité, à quoi lui aurait-il servi d’avoir crée ? Quand à nous avons-nous du temps pour Dieu ? Le sabbat signifie que notre temps appartient à Dieu, l’histoire du croyant est sacrée, toute notre activité doit être au service de Dieu, ce qui donne du sens à notre travail c’est qu’il est service de Dieu, c’est pour Dieu que nous devons travailler en tout ce que nous faisons, mais alors si je n’ai plus de temps pour Dieu lui-même à quoi cela sert-il de travailler pour Dieu.
Le commandement du sabbat nous rappelle que notre travail n’a de sens que si nous vivons pour Dieu et vivre pour Dieu qu’est-ce ? sinon savoir s’arrêter et prendre des moments pour Dieu pour jouir de sa communion.
De Marthe l’active et de Marie qui écoutait tranquillement l’enseignement de Jésus, c’est Marie qui avait choisi la bonne part. Sommes-nous tellement esclaves de nos activités que nous ne savons plus prendre du temps pour Dieu ? Il est plus facile de donner la dîme de son argent que de donner la dîme de son temps cela fait 2 heures trente par jour au Seigneur. Quel temps lui consacrons-nous ? Pensons à Jésus lui-même, il passait beaucoup de temps en prière, seul avec son Père Céleste. Mais aussi quel temps consacrons-nous aux autres, le quatrième commandement nous recommande de respecter le sabbat des autres or respecter le sabbat des autres n’est-ce pas aussi leur consacrer du temps comme au Seigneur.
Prendre du temps pour son conjoint, ses enfants, ses parents, son prochain, ils en ont besoin, est-ce que nous laissons nos activités prendre tout notre temps ou nos urgences prendre tout notre temps, en cherchant bien des urgences on en trouve toujours, alors il y en a qui sont de réelles urgences qu’il ne faut pas laisser passer mais en cherchant bien des urgences on en trouve toujours, on ne sait plus vivre avec les autres et pour les autres dans notre monde.
Cela se manifeste entre autre chose par le fait qu’on ne sait plus vivre en couple et lorsqu’un couple se sépare il faut deux logements au lieu d’un et donc il faut travailler plus pour pouvoir payer plus.
La société dans laquelle nous vivons cherche à s’approprier notre temps, dans certains cas on est de plus en plus asservi à l’entreprise, à sa profession, le chrétien saura t’il résister, s’arrêter et trouver du temps pour Dieu et pour les autres à commencer par sa famille s’il en a une.
Il n’y a pas que l’entreprise il y a aussi le foyer et ces femmes au foyer qui ne savent pas s’arrêter qui ont toujours un grain de poussière à faire disparaître alors peut-être que leur mari pourrait parfois les aider pour qu’elles se reposent mais le mari a aussi parfois besoin de rester tranquille un moment dans son fauteuil quand il rentre du travail alors il faut savoir s’arrêter, laisser de côté des choses qui paraissent urgentes mais qui ne le sont pas tant.
Le sabbat était là pour donner du temps à l’Israélite, savons nous prendre du temps pour Dieu, pour notre famille et pour l’église ? Puisqu’on parle de l’église on peut encore évoquer ces esclaves perpétuellement en retard au culte, ces personnes qui ont systématiquement 15 ou 20 mn de retard, vous reculez l’heure du culte, leur retard sera le même. Parfois c’est parce-que l’on se lève au dernier moment mais pas nécessairement, souvent parfois c’ est parce-que l’on trouve quelque chose à faire avant de partir, il reste encore quelques minutes et j’entreprend quelque chose et finalement, je suis en retard une fois de plus.
Il nous faut savoir remettre une vaisselle à plus tard ou encore laisser tomber certains fignolages. Il y a aussi ceux qui voient que dès que le culte dépasse une certaine heure ne pensent plus qu’à leur rôti à mettre au four. Dieu ne vaut-il pas la peine que nous soyons un peu moins chiche du temps que nous voulons bien lui consacrer le dimanche matin.
Et on pourrait parler de l’activisme dans l’église, c’était le problème de l’église d’Ephèse. Jésus lui déclare : « Je connais tes œuvres et ton labeur », c’est une église formidable l’église d’Ephèse, elle avait de nombreuses activités, un programme de réunions très chargé, tellement chargé qu’elle n’avait plus de temps pour Dieu, « tu as oublié ton premier amour ». Dans l’église, il faut parfois savoir s’arrêter et prendre le temps. Certaines églises ont la maladie de la réunionite qui ronge le temps que certains devraient plutôt consacrer à leur piété personnelle ou à leur famille. Certains chrétiens sont tellement pris par les réunions d’église qu’ils n’ont plus de temps pour le culte de famille chez eux.
Je ne dis pas cela pour encourager l’absentéisme aux réunions de l’église mais les églises feraient bien parfois de réfléchir aux programmes de réunion et de faire le tri.
On rencontre parfois une certaine mentalité qui veut que au regard du nombre de gens qui se perdent, le chrétiens devrait user tout son temps libre pour faire de l’évangélisation alors il est vrai que nous avons parfois besoin de retrouver la dynamique de l’apôtre Paul à cet égard : « l’amour de Christ nous presse » mais il y a un certain état d’esprit qui peut devenir très culpabilisant et aliénant par le poids dont ils chargent les chrétiens il faut aussi là savoir s’arrêter et faire autre chose.
Dans le Deutéronome au chapitre 5 V 14 on peut encore lire : le septième jour est le jour du repos consacré au Seigneur ton Dieu, tu ne feras aucun travail ce jour là, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni tout ton bétail, ni l’étranger qui réside chez toi afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi.
Or, on rencontre encore des esclavagistes dans l’église qui sont ces personnes qui laissent les responsabilités aux autres sans bouger le petit doigt, en ne s’engageant pas elles-mêmes, en s’abstenant de mettre la main à la pâte et de participer activement à la vie de l’église et à ses activités, ne sont-elles pas esclavagistes envers le petit noyau surchargé qui fait tout le travail. Ces gens surchargés dans l’église ont aussi besoin qu’on leur donne la possibilité de s’arrêter pour souffler, alors bien sûr à ces personnes elles-mêmes de savoir s’arrêter.
Le quatrième commandement nous libère donc de la servitude, du temps en nous apprenant à gérer le temps que nous avons pour la gloire de Dieu, et sans doute dans notre société nous avons grand besoin d’apprendre à vivre dans la sérénité de ceux qui ont le temps parce qu’ils reçoivent la mesure de temps qu’ils disposent comme un don de Dieu qu’ils vont gérer librement et non pas comme un temps qui les entraîne comme des esclaves dans une course perpétuelle contre la montre. Etre libre c’est savoir s’arrêter, prendre le temps de la communion avec Dieu, de la communion avec les autres, avec son conjoint, avec sa famille. Et c’est sans doute un témoignage que nous devons rendre à ceux qui nous entourent, l’art de vivre libéré de la course contre la montre qui asservit le monde moderne, l’art de vivre comme des gens qui ont le temps parce qu’ils savent gérer leur temps, travailler et s’arrêter de travailler. Ceux qui ont le temps car ils savent que la valeur du temps ne se mesure pas à la quantité des choses avec laquelle nous la remplissons mais que ce qui compte c’est bien plutôt le Seigneur pour qui nous faisons ce que nous faisons.
Ajoutons aussi que ce sont ceux qui savent s’arrêter et se reposer qui savent prendre du temps et être efficaces et qui font souvent plus et mieux dans le temps qu’ils consacrent au travail. C’est en retour cela d’ailleurs qui leur permet de s’arrêter.
Le temps nous est donné comme sacré, ce qui compte n’est pas la quantité de choses avec quoi nous le remplissons mais le Seigneur pour qui nous vivons.

sylvain Romerowski



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