Joseph

Joseph

qu’il (l’Eternel) ajoute, du verbe hébr. yasaph. Le nom a aussi la résonance d’une forme verbale, de la racine ‘asaph, signif. "il enlève" ; dans Gn. 30.23-24, l’écrivain joue sur le nom et sur les 2 étym. en donnant non pas la racine du mot, mais la raison pour laquelle le nom est attribué.

- 1. Onzième fils de Jacob, aîné de Rachel. En le mettant au monde elle dit : "Que l’Eternel m’ajoute un autre fils !," c’est pourquoi elle appela son aîné "Joseph". #Ge 30.22-24

Il naquit à Paddan-Aram (Mésopotamie), 6 ans env. avant le retour de Jacob en Canaan (v. 25 ; cf. 31.41), alors que Jacob avait 90 ou 91 ans. Joseph fut son favori, car c’était le fils de sa vieillesse, l’enfant de Rachel. Il lui fit porter un vêtement semblable à celui des jeunes gens de la noblesse (37.3). La préférence paternelle excita la jalousie des frères aînés. Joseph leur ayant relaté 2 rêves qui annonçaient que son père, sa mère et ses frères s’inclineraient devant lui, les aînés furent toujours plus indisposés contre le jeune homme. Il avait 17 ans (37.14) quand son père l’envoya prendre des nouvelles de ses frères, qui faisaient paître les troupeaux à Sichem. Là, il apprit qu’ils étaient allés à Dotân, où il les rejoignit. A son approche les frères se proposèrent de le tuer et de raconter à leur père qu’un fauve l’avait dévoré. Ruben réussit cep. à les persuader de ne pas le faire mourir, mais de le jeter vivant dans une citerne. Il avait l’intention de le sauver et de le rendre à son père. Une caravane survint, en l’absence de Ruben. C’étaient des Ismaélites qui suivaient la grande voie conduisant en Egypte. On vendit Joseph à des marchands madianites faisant partie de la caravane. Les frères tuèrent un bouc et trempèrent dans son sang la robe dont ils avaient dépouillé Joseph. Ils envoyèrent le vêtement maculé à Jacob, qui en conclut qu’une bête sauvage avait mis le jeune homme en pièces. #Ge 37.1-35

- Joseph fut vendu en Egypte à Potiphar, chef des gardes du pharaon. Le maître découvrit bientôt l’habileté de son jeune esclave et lui remit l’administration de ses biens. Sur des calomnies, il le fit jeter dans un cachot ; Joseph y resta des années, mais gagna la confiance du chef de la prison, qui le chargea de surveiller tous les détenus. Dieu lui donna la capacité d’interpréter les songes de 2 prisonniers, le grand échanson et le grand panetier du pharaon ; les événements prouvèrent la justesse des 2 interprétations. 2 ans plus tard, le pharaon eut 2 rêves prophétiques, que personne ne put expliquer. Le chef des échansons parla de Joseph au roi, qui commanda de lui amener tout de suite le prisonnier. Celui-ci donna une seule interprétation des 2 rêves : 7 ans de cruelle famine succéderaient à 7 ans de grande prospérité. Joseph se permit de conseiller au pharaon d’établir un homme compétent sur l’Egypte, afin qu’il prélevât durant 7 ans le surplus des récoltes et les gardât pour les années de famine. Le pharaon l’approuva : constatant la sagesse de Joseph (41.9-13, 25-36), il le nomma surintendant des greniers royaux et ministre d’Etat, ce qui le plaçait au nombre des personnages officiels les plus proches du souverain (41.40, 44). Joseph avait 30 ans (41.46). Treize années de souffrances l’avaient formé et rendu humble. Le pharaon lui donna en mariage Asnath, jeune fille d’une famille sacerdotale d’On (Héliopolis). Avant le début de la famine, elle eut 2 fils : Manassé et Ephraïm (41.50-52). La famine survint, comme Joseph l’avait prédit. V. Nil. Cette calamité frappa également tous les pays environnants (41.54, 56, 57). L’Egypte ayant des provisions, les frères de Joseph y allèrent pour en acheter. Les fils de Jacob ne reconnurent pas leur frère, qui les discerna aussitôt. Quand ils se prosternèrent devant lui, Joseph comprit que c’était la réalisation des rêves qui lui avaient attiré l’animosité de ses frères. Après les avoir soumis à diverses épreuves, il leur révéla son identité au cours de la 2e visite. Joseph leur pardonna tout le mal qu’ils lui avaient fait, et les persuada, eux et leur père, de s’établir en Egypte. Joseph mourut à 110 ans ; son corps fut embaumé et déposé dans un cercueil selon la coutume égypt. Le fils de Jacob avait prédit l’exode et formellement recommandé aux Israélites de ramener sa dépouille dans le pays de Canaan. (Gn. ch. 42 à 50 ; Hbr. 11.22).

Plus tard, les Israélites ensevelirent ses ossements près de Sichem, au centre même de la Terre promise. #Ex 13.19 ; Jos 24.32

- Selon la chronol. bibl. du texte hébr. massorétique, l’histoire de Joseph se situe vers 1871 av. J.-C., sous la XIIe dyn. La domination des Sémites Hyksos (v. Egypte II, 3, d) s’établit dans le pays d’env. 1730 à 1555. On est d’accord pour dire qu’Israël s’y trouvait également pendant cette longue période troublée, malheureusement encore assez peu connue. Le roi "qui n’avait pas connu Joseph" #Ex 1.8 et qui opprima les Israélites, était l’un des souverains du Nouvel Empire, plein de haine à l’égard des Hyksos sémites et asiatiques récemment expulsés. C’est un fait également que les Israélites s’installèrent aux environs de la capitale des Hyksos en Egypte, dans "les campagnes de Tsoân" ou Tanis #Ps 78.12, 43

- Confirmation archéol. Les détails de la vie de Joseph touchant aux moeurs égypt. sont corroborés d’une façon extraordinaire par les monuments et les papyrus. Une couleur locale authentique abonde dans ces pages, concernant p. ex. les noms égypt. Potiphar, Tsaphnat-Paenéah, Asnath, Poti-Phéra, On #Ge 39.1 ; 41.45 (etc.) les titres des fonctionnaires (39.1 ; 40.2-3) ; la mention des famines d’Egypte (ch. 41). Une inscription datant de 100 av. J.-C. mentionne une famine de 7 ans sous le pharaon Zoser, de la IIIe dyn., vers 2700 av. J.-C. On a retrouvé la représentation d’un groupe de Sémites immigrant en Egypte vers l’an 1900 av. J.-C. Au-dessous figure l’inscription suivante : "Arrivée de 37 Asiatiques, apportant du fard pour les yeux."

- La "Pierre de Rosette" atteste que, pendant le règne des Ptolémées tout au moins, le souverain avait l’habitude de libérer des prisonniers à l’occasion de son anniversaire et lors d’autres grandes fêtes. On retrouve dans une foule de documents anciens des allusions aux magiciens et aux devins ; une grande importance était accordée aux rêves considérés comme émanant des dieux. La Genèse (41.14) rapporte que, malgré la hâte avec laquelle on fit sortir Joseph de prison, on lui commanda de se raser et de changer de vêtements. Les Egyptiens ne portaient pas la barbe et le cérémonial relig. exigeait que les prêtres fussent rasés. Les monuments et les papyrus donnent de l’investiture des hauts personnages la même description que la Genèse. Il y est aussi question d’anneaux à cachets, de vêtements de lin, de colliers. Un bouleversement économique livra toutes les terres au pharaon et aux prêtres, v. Egypte, II, 3. C’est selon l’étiquette égypt. que les repas étaient servis séparément à Joseph, à ses frères et aux hôtes égypt.. #Ge 43.32

Joseph mangeait seul, à cause de son rang et de son appartenance à la classe sacerdotale, qui ne se mélangeait point aux laïques. Il y avait une table spéciale pour les Egyptiens, car ils devaient rester à l’écart des étrangers. Les prêtres ne mangeaient et ne buvaient aucun produit d’importation (Porphyrius, De Abstinentia ab Usu Animalium IV, 7). Le peuple en gén. estimait abominable l’emploi de couteaux et d’ustensiles de cuisine d’origine gr. (Hérod. 2.11.41) ; il frappait d’ostracisme les bergers, les porchers, les vachers, même d’extraction égypt., parce qu’on regardait le soin du bétail comme incompatible avec le niveau de raffinement et de propreté qu’exigeaient les Egyptiens. #Ge 46.34 (Hérod. 2.47 ; cf. 164)

C’est prob. à cause de cette répugnance à l’égard des gardiens de bestiaux que Joseph avait placé sa famille dans le pays de Gochên, éloignée plutôt des Egyptiens.

- Un récit égypt. appelé "l’histoire des 2 frères" raconte la tentation qui assaille un jeune homme dans la maison de son frère aîné ; sa propre belle-soeur se conduit à son égard comme la femme de Potiphar. (Gn. 39) Le dieu solaire intervient pour arracher le cadet à la colère de l’aîné. La divinité met entre les 2 frères un fleuve plein de crocodiles pour les séparer ; ils sont finalement réconciliés après des aventures fabuleuses. Ce récit a été transcrit sous le règne de Sethi II (XIXe dyn.), des siècles après Joseph. La date de composition en est inconnue. (Consulter aussi J. A. Thompson "La Bible à la lumière de l’archéologie" LLB, p.47- 51).

- Les tribus de Manassé et d’Ephraïm descendaient des fils de Joseph. Les bénédictions que Jacob, sur son lit de mort, donna à Joseph s’adressaient aussi bien à celui-ci qu’à ces tribus #Ge 48.8-22 ; 49.22-26

Le nom de Joseph du Ps. 80.2 désigne poétiquement les tribus de Manassé et d’Ephraïm.

- 2. Père de l’espion envoyé par la tribu d’Issacar. #Nu 13.7

- 3. Fils d’Asaph ; chef d’une classe de musiciens, sous le règne de David. #1Ch 25.2, 9

- 4. Ancêtre de Christ ; il vécut entre l’époque de David et celle de l’exil. #Lu 3.30

- 5. Descendant de Bani ; Esdras le persuada de renvoyer sa femme étrangère. #Ezr 10.42

- 6. Sacrificateur, chef de la famille de Chebaniahou, à l’époque du souv. sacrificateur Yehoyaqim. #Ne 12.14

- 7. Ancêtre de Christ ; il vécut après l’exil (Lc. 3.26 ; D. ; pour C., S., v. Yoseh).

- 8. Fils de Mattathias ; ancêtre de Christ. #Lu 3.24-25

- 9. L’époux de Marie, mère de Jésus. #Mt 1.16 ; Lu 3.23

V. Généalogie.

Marie étant devenue enceinte avant le mariage, Joseph, qui était un homme intègre, voulut rompre ses fiançailles secrètement, pour éviter un scandale public. Mais un ange apprit à Joseph, dans un rêve, que l’enfant avait été conçu miraculeusement par le St-Esprit. Joseph n’hésita plus à épouser Marie. #Mt 1.18-25

Comme il descendait de David, il dut aller dans la ville de ses ancêtres avec sa femme, car César Auguste avait ordonné un recensement ; Jésus naquit ainsi à Bethléhem. #Lu 2.4, 16

Joseph assista à la présentation de Jésus dans le Temple et entendit les prophéties de Siméon et d’Anne relativement au nouveau-né (v. 33-38). Averti à nouveau par un ange qu’Hérode tramait le meurtre de l’enfant, Joseph emmena Marie et Jésus en Egypte #Mt 2.13, 19

Après la mort d’Hérode, il revint à Nazareth (v. 22, 23). L’époux de Marie avait l’habitude d’aller chaque année avec elle célébrer la Pâque à Jérusalem ; il y mena Jésus âgé de 12 ans #Lu 2.42-50 et ramena sa famille à Nazareth (v. 51). Il était charpentier #Mt 13.55 Jésus, jeune homme, l’assistait dans ce travail. #Mr 6.3

Le ministère de Jésus commença apparemment du vivant de Joseph. #Mt 13.55

Comme il n’est pas question de lui au moment de la crucifixion, on peut en déduire qu’il mourut auparavant. C’est sans doute pour cette raison que Jésus, du haut de la croix, confia Marie à l’apôtre Jean. Il ne l’eût prob. pas fait si Joseph, son protecteur naturel avait été encore vivant. #Joh 19.26-27

- 10. Même personnage que Joses (cf. Mt. 13.55 ; Mc. 6.3). V. Frères du Seigneur.

- 11. Joseph d’Arimathée, membre du sanhédrin, conseiller distingué, qui attendait le royaume de Dieu. #Mr 15.43

Il n’avait pas acquiescé à la sentence de mort prononcée par le sanhédrin, car il était disciple de Jésus, mais en secret, comme Nicodème, seul autre membre du Conseil qui eût foi en Christ. Tous 2 prirent courage à la vue du crucifié. Joseph se rendit hardiment auprès de Pilate, pour lui demander le corps du Seigneur ; il le mit dans son propre tombeau, qu’il avait fait tailler dans le roc. #Mt 27.57-60 ; Lu 23.50-53 ; Joh 19.38

- 12. Chrétien appelé Barsabbas, ce qui signif. fils de Sabbas, et surnommé Justus. Ayant accompagné Jésus et les disciples à partir du baptême de Jésus, il fut l’un des 2 hommes jugés dignes de remplir, au milieu des apôtres, la place qu’avait abandonnée Judas, l’apostat. Mais le sort tomba sur Matthias. #Ac 1.21, 26

Ce Joseph était prob. frère de Jude appelé Barsabbas. #Ac 15.22

- 13. Premier nom de Barnabas. #Ac 4.36



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