Exode

Exode

(gr. hodos, chemin, ex, hors de : sortie).

- 1. Sortie d’Egypte des Israélites, après que Dieu les eût délivrés de leur esclavage dans ce pays. Il est très difficile de déterminer l’itinéraire précis de ce voyage (v. la carte pour quelques propositions). Les miracles qu’opéra la main de Moïse eurent lieu à Tsoan, c.-à-d. à Tanis #Ps 78.12

Ramsès était pt-être dans la banlieue de cette capitale mais aujourd’hui on l’identifie plus souvent avec Qantir (v. carte). De là, les Israélites allèrent à Soukkoth (Ex. 12.37), lieu qui correspondait pour cert. à Pitom ou se trouvait dans ces parages ; son site est occupé actuellement par Tell el-Maskhutah dans l’oued Tumilat, à env. 51 km. au S.-S.-E. de Tanis et 18 km. à l’O. de Isma’iliya (mais v. Soukkoth pour une autre identif.). Pour atteindre la Palestine, les Israélites ne prirent pas la route la plus courte qui traversait le pays des Philistins, mais le chemin du désert, vers la mer Rouge. #Ex 13.17, 18

Après Soukkoth, leur premier campement fut Etam. Cet endroit n’a pas été identif. ; il était à la lisière du désert (v. 20). De là, les Israélites revinrent en arrière et campèrent devant Pi-Hahiroth, entre Migdol et la mer vis-à-vis de Baal-Tsephon #Ex 14.2 ; Nu 33.7

L’emplacement exact de ce camp n’a pas été déterminé, mais il était à l’O. de la mer Rouge ; c’est de cet endroit qu’ils traversèrent à pied la mer pour gagner le désert de Chour #Ex 15.4, 22 ; Nu 33.8 puis ils se dirigèrent vers le mont Sinaï en longeant la mer Rouge. #Ex 16.1 ; Nu 33.10, 15

V. Baal-Tsephôn ; Mer Rouge ; Pitom ; Ramsès ; Soukkoth. Carte de l’Exode.

Plus d’une route possible est montrée, d’abord pour le passage miraculeux de la mer des Roseaux, ensuite pour la route jusqu’aux plaines de Moab, avec deux autres sites possibles pour le mont Sinaï : Djebel Serabit et Har Karkom (pour ce dernier, v. Sinaï).

- 2. La date de l’Exode.

- Introduction.

- La date de l’Exode est une date à problèmes, car les indices bibl. et cert. découvertes archéol. paraissent actuellement contradictoires. L’une des dates proposées, au 15e s. av. J.-C., est appelée la chronologie "longue" ; l’autre, au 13e s. av. J.-C., la chronologie "courte".

- De la date de l’Exode dépendent aussi celles de la conquête de Canaan et de la période couverte par le livre des Juges ainsi que celle de la durée du séjour d’Israël en Egypte avant l’Exode et la date de l’arrivée d’Abraham en Canaan.

- Nous proposons, dans notre dictionnaire, page 463, de présenter en deux colonnes, côte à côte, les détails des deux propositions de dates les plus plausibles, et ensuite d’expliquer les points difficiles dans une série de notes.

- Depuis très longtemps, tel un pendule, les avis vont d’un côté à l’autre. Au siècle passé, ceux qui acceptaient l’autorité de la Bible étaient partisans de la chronologie dite "longue" -situant l’Exode au 15e s. av. J.-C. : puis au début de ce siècle, la chronologie dite "courte," a prévalu. Après les fouilles de John Garstang à Jéricho dans les années 1930, le pendule est revenu vers la chronologie "longue" pour revenir de nouveau vers la "courte" après les fouilles de Kathleen Kenyon dans les années 1950. Actuellement, bien des experts évangéliques penchent pour la "courte," tels F. F. Bruce, Kenneth Kitchen, Alan Millard, R. K. Harrison, Derek Kidner, etc. Plusieurs de ceux-ci n’argumentent plus pour "leur" date au 13e siècle, mais l’acceptent d’emblée, ce qui est dommage, puisque plusieurs problèmes restent sans solution. Dans le camp de ceux qui penchent pour la date de l’Exode au 15e siècle, se trouvent Gleason Archer, Léon Wood, John Gates, Merrill Unger.

- Toutes les dates sont approximatives, les diff. dictionnaires consultés pour cet art. donnent souvent des dates qui diffèrent quelque peu.

- En quelque sorte, il n’y a qu’une date exacte dans la Bible : c’est le jour même de l’Exode. #Ex 12.40-41

Seulement, nous ne pouvons pas la connaître puisque nous ne connaissons pas la date où Israël commença son séjour en Egypte !

V. aussi l’art. Nombre, Chiffre. (Voir Suite).

Exode (2)

Notes :

a) Beaucoup d’exégètes évangéliques et autres fixent vers 1900 av. J.-C. la date de l’arrivée d’Abraham en Canaan. Cert. pourtant proposent env. 2090 av. J.-C.

b) C’est l’arrivée des premiers contingents des Peuples de la Mer, dont les Philistins (appelés pt-être ainsi dans la Genèse, mais anachroniquement) qui nous indique la date de l’arrivée approximative d’Abraham en Canaan. La Genèse ne donne pas d’autres événements datables : ceux de Gn. 14, bien que politiques et extérieurs, ne peuvent être datés actuellement.

c) Le Code d’Hammourabi et les tablettes de Nuzi nous permettent de connaître très bien la législation civile du temps des patriarches. Nous relevons continuellement dans la Genèse des références à l’application de ce code (p. ex. : la question de l’héritier d’Abraham). Lorsque ces récits sont placés dans leur contexte historique, nous nous rendons compte qu’il n’y a rien de légendaire en eux, comme cert. auteurs critiques le prétendent.

d) La Genèse situe la naissance des patriarches Abraham, Isaac, Jacob, Joseph, etc. les uns par rapport aux autres (21.5 ; 25.26 ; 47.9). Mais la datation gén. de ces événements dépend notamment de la longueur effective du séjour des Israélites en Egypte (v. note g), pour laquelle nous n’avons pas de date profane.

e) + f) Dans l’histoire de l’Egypte, les historiens parlent d’une "2e période intermédiaire," c.-à-d. d’une période de faiblesse, située entre le Royaume thébain Moyen et le Nouveau Royaume thébain. Cette période intermédiaire comporte les dynasties 13 à 17 ; dates : 1780-1565 av. J.-C. A partir de 1675 jusqu’à 1565, ce sont les Hyksos qui gouvernent. Les Hyksos sont prob. d’origine sémite.

- Ce sont donc des pharaons étrangers, et ce fait nous aide à comprendre comment Joseph, alors en Egypte, a pu être accepté si facilement comme premier ministre et, plus tard, a pu faire entrer sa famille sémite aussi, dans le pays de Gochên.

- Aux deux chronologies longue et courte de la date de l’Exode s’ajoutent deux autres théories concernant la durée du séjour des Israélites en Egypte. Ex. 12.40 parle d’un séjour de 430 ans (400 ans en chiffres ronds selon Gn. 15.13). Cert. font commencer ce séjour à la descente de Jacob en Egypte (séjour long), d’autres font remonter le début de ces 430 ans à la promesse faite à Abraham #Ga 3.16, 18 (séjour court), mais dans ce cas, le séjour serait plus court que dans l’autre. Ces deux théories, indépendantes de celles de la chronologie courte ou longue, s’ajoutent à ces dernières de sorte que l’on trouve, en fait, 4 chronologies diff., défendues par diff. auteurs :

- 1. Séjour long + chronologie longue

- 2. Séjour court + chronologie longue

- 3. Séjour long + chronologie courte

- 4. Séjour court + chronologie courte.

- g) La période de 400 ans (nombre arrondi) de Gn. 15.13 pose un cert. problème, car une première lecture de ce texte, avec son parallèle en Act. 7.6, laisse croire que le séjour en Egypte a duré à lui seul 400 ans. Pour les partisans de la chronologie longue, l’expr. "à la 4e génération," comparée à Gal. 3.17, nous donne une autre perspective. Gal. 3.17 dit que depuis le moment où la promesse fut donnée à Abraham jusqu’à la Loi, il y avait 430 ans, et l’expr. "à la 4e génération" la confirme, car les 4 générations sont mentionnées en Ex. 6.16-20 ; Lévi, Qehath, Amram, Moïse (il est évident que les 4 générations pourraient être aussi comptées à partir de Qehath, descendu en Egypte avec Lévi, son père, selon Gn. 46.8, 11. Dans ce cas, cela serait : Qehath, Amram, Moïse, Guerchom).

- Les partisans de la chronologie courte font commencer les 430 ans à la descente de Jacob en Egypte. Pour soutenir cette position, ils font remarquer que le chiffre d’Ex. 12.40-41 est précis et que le texte hébr. parle bien de 430 ans "en Egypte" (cf. Ex. 1.1ss). Comme la substance de la promesse à Abraham a été répétée à Isaac et à Jacob (p. ex. Gn. 35.11, 12), les 430 ans de Gal. 3.17 pourraient aussi débuter à la fin de la vie de Jacob. Quant aux "4 générations" de Gn 15.16, elles ne représenteraient que les principaux chaînons de cette période. La Bible ne fait pas toujours mention dans les généalogies de tous les ancêtres d’un personnage. L’exemple classique est en Mt. 1.1 où on pourrait croire que le père de Jésus-Christ fut David et son grand-père Abraham.

- h) L’indication que nous avons pour la date de la naissance de Moïse se trouve dans Ex. 7.7 et Act. 7.23, 30, qui la situent env. 80 ans avant l’Exode. Cette date est confirmée par Dt. 31.2 et 34.7. Evidemment, la date de sa naissance varie selon la date fixée pour l’Exode ; donc vers 1510 ou vers 1360.

- i) Hatshepsout, fille de Thoutmès I, épouse de son propre demi-frère, le pharaon Thoutmès II, et régente de son gendre et neveu Thoutmès III. Cert. ont voulu voir en elle "la fille de Pharaon" qui recueillit Moïse ; mais nous n’en savons rien.

- j) Tout comme Ramsès II avait sa capitale dans le delta du Nil et pourtant exécutait travaux et constructions dans le S. du pays, dans la Haute-Egypte, il n’y a rien d’impossible à ce que Thoutmès III exécutât des travaux dans le delta où séjournait Israël, tout en ayant sa capitale à Thèbes en Haute-Egypte. Gleason Archer rappelle qu’au moins deux obélisques de granit rouge furent élevés par lui à Héliopolis, à la base du delta. Nous ne pouvons pas imaginer qu’un tel monarque, si militaire (14 campagnes en Canaan et Syrie !) n’ait pas fait construire dans l’E. du delta (en Gochên) des villes d’entrepôts. De toute façon, ces villes, faites de briques, n’auraient pas résisté aux intempéries et pourraient avoir disparu sans avoir laissé de vestiges.

- k) C’est ce "longtemps après" qui indiquerait plutôt Thoutmès III comme le pharaon de l’oppression, puisqu’il régna 54 ans, tandis que Sethi I ne régna qu’une quinzaine d’années. Evidemment, le pharaon qui est mort "longtemps après" pourrait éventuellement ne pas être celui qui chassa Moïse, mais le texte bibl. indique plutôt qu’il s’agit du même pharaon.

- l) La naissance d’Aménophis II à Memphis, à 40 km. de la base du delta est attestée par un scarabée. C’est un autre indice que Thoutmès III et Aménophis II étaient attachés au delta, ce qui est nécessaire pour s’accorder avec le texte bibl. qui fait état des rapports fréquents et rapides entre Moïse et le pharaon.

- m) Le papyrus d’Ipouwer, conservé dans l’université de Leiden en Hollande, raconte une série de catastrophes naturelles qui s’abattirent sur l’Egypte vers 2000 av. J.-C., mais la date n’est pas certaine. D’aucuns voient ces fléaux correspondre aux dix plaies, mais on n’en est pas sûr.

- n) Les fouilles à Jéricho*, faites d’abord par John Garstang (1930-1936), ensuite par Kathleen Kenyon (1952-1958), ont donné des rapports contradictoires au sujet des restes de la ville du temps de Josué. La double muraille mise à jour par Garstang a cert. été mal datée. En fait, il semble que, de toute façon, l’érosion ait fait disparaître tout vestige des briques de la ville puisqu’elle n’a pas été reconstruite jusqu’au règne d’Achab, au moins 4 siècles plus tard.

- Kenyon et Garstang sont d’accord sur le fait que les fouilles ont révélé des scarabées remontant à l’époque d’Aménophis III mais pas après ce pharaon, alors que d’autres sites en Canaan ont présenté des objets du temps d’Akhenaton, le successeur d’Aménophis III.

- L’absence de poterie bichrome en rouge et noir, importée de Chypre, a permis à Kenyon de supposer que Jéricho fut détruite au 16e siècle. Seulement, cette même poterie n’a pas non plus été mise à jour dans d’autres sites fouillés dans la vallée du Jourdain, ni même à Beth-Cheân qui fut occupée de façon continue.

- D’autres poteries, découvertes dans des tombes à Jéricho, sont datées de la dernière moitié du 14e siècle par Garstang et par Kenyon. Kenyon dit que les tombes pourraient provenir de la "toute petite ville" détruite par Josué (malgré le fait que la Bible parle d’une grande ville !) tandis que Garstang les attribue à une petite ville qu’aurait pu construire Eglôn, roi de Moab, pendant son occupation durant 18 ans, de Benjamin. #Jud 3.12 (etc.)

Cette "ville" n’aurait jamais été plus qu’une espèce de camp militaire avec quelques habitants.

- De toute façon, la date de la destruction de Jéricho reste une énigme. Mais Kenyon ne tient compte que rarement du témoignage bibl.

- o) Les tablettes de Tell el-Amarna*, trouvées en 1887 à Amarna, la capitale d’Aménophis IV (Akhenaton), sont des lettres d’appel adressées au pharaon de la part de villes-états cananéennes. Ces villes avaient besoin de renforts pour repousser les Habirou* qui les agressaient. Pt-être, s’ils étaient alors dans le pays, les Hébreux sous la conduite de Josué, avaient aussi contribué à ces problèmes ; mais indépendamment de la présence des Hébreux, il s’agissait d’une période de grands troubles en Canaan.

- p) La construction de la ville de Ramsès* par Israël semble indiquer d’emblée qu’il s’agit de la capitale de Ramsès II construite dans le delta (les restes de Pitôn*, l’autre ville, ont pt-être été trouvés à Tell er Rabata, mais ce n’est pas sûr). Ramsès était bâtie là où se situait auparavant Avaris*, sur le site appelé aujourd’hui Qantir Tell Daba évidemment, nous avons là une "preuve" en faveur de la chronologie "courte". Toutefois, un éditeur du livre de l’Exode aurait pu appeler ces deux villes de leur nom plus "moderne" parce que mieux connu, exactement de la même façon qu’en Gn. 14.14, il est question de la ville de Dan alors qu’elle s’appelait Laïch à l’époque d’Abraham ! (v. Jug. 18.27-31). De même, le fait que le pays de Gochên soit appelé le pays de Ramsès en Gn. 47.11 pourrait indiquer qu’il y avait déjà, au temps de Joseph, une ville qui s’appelait de ce nom, bien que K. A. Kitchen nie ce fait.

- q) Nelson Glueck examina un grand nombre de tells en Transjordanie et ne trouva pas de traces de populations sédentaires et organisées avant le 13e siècle. Glueck en a conclu qu’Israël a traversé la Transjordanie en route pour Canaan après cette époque-là, puisqu’il est question dans le livre des Nombres de contacts entre Israël et Edom* ainsi que Moab* qui étaient bien établis comme royaumes dans leur pays. Seulement, depuis ces fouilles conduites par Glueck, d’autres vestiges ont vu le jour en Transjordanie, nous permettant de croire qu’il y avait quand même des peuples sédentaires dans ces régions avant le 13e siècle ; p. ex. on a découvert une tombe d’Amman datant de 1600 av. J.-C., et une autre à Pella du 15e siècle. Mais de toute façon, Glueck n’a fait qu’un survol de toute cette région.

- r) La découverte de la destruction par le feu de cert. villes en Canaan au 13e s. av. J.-C. a été parfois mise en rapport direct avec la Conquête. Il l’est toujours, par cert. Mais si Hatsor* était brûlée #Jos 11.11 c’était exceptionnel, car les autres villes n’étaient pas détruites par le feu (v. 11.13) sauf Jéricho* et Aï* (pour ces villes d’autres problèmes se posent, v. Jéricho ; Aï). D’ailleurs, le principe de ne pas détruire les maisons était déjà posé par Moïse en Dt. 6.11 et 19.1. En fait, les villes de Lakich*, Debir*, Béthel* et Hatsor*, détruites par le feu au 13e siècle, auraient pu être incendiées par d’autres ennemis que les Hébreux.

- s) La "stèle d’Israël"* ou "stèle de Merneptah"* est le seul document égypt. qui fasse mention d’Israël. On y lit : "Israël est ravagé ; sa semence (postérité) est détruite". Israël est mentionné dans ce texte tout de suite après les villes d’Askalon* et Guézer*, aussi cette stèle semble-t-elle faire référence à une bataille gagnée par Merneptah en Canaan. Sans doute, la défaite d’Israël était-elle sans conséquences graves, c’est pourquoi le livre des Juges n’en parle pas. Et si Dieu n’a pas suscité un juge pour délivrer Israël alors, ce silence se comprend encore mieux.

- t) Cette date doit être prise au sérieux. Jephté* a déjà montré dans son discours aux Ammonites une bonne connaissance de l’histoire de son peuple, conforme à ce qui est raconté dans les Nombres. Nous pouvons donc accepter son chiffre arrondi de 300 ans. Et si ce chiffre n’était pas juste, Ammon* l’aurait tout de suite contredit ! Act. 13.20 nous donne "450 ans env." pour la période des Juges (trad. S.), et nous pouvons nous fier à ce chiffre, le rabbin Paul connaissait aussi son histoire d’Israël !

- Ces deux chiffres sont en contradiction avec la chronologie "courte" qui ne préconise que quelque 200 ans pour la période des Juges.

- Pour arriver à ce chiffre de 450 ans, nous pensons que Paul a dû additionner le total de tous les "règnes" des Juges au total de toutes les années de repos ET les années de servitude, sans tenir compte du fait que cert. juges et/ou les périodes de servitudes étaient contemporains. Parfois cert. scribes totalisaient ainsi. A cause de ce problème cert. érudits retiennent une autre leçon du texte gr. : les 450 ans englobent le temps depuis le choix des pères (patriarches) jusqu’après la Conquête.

- u) Cette date de la 480e année #1Ki 6.1 pose plusieurs problèmes et a été diversément interprétée :

- Tout d’abord cert. l’acceptent comme un chiffre "absolu" ; mais ils sont plutôt rares. La date de l’Exode serait, selon ce calcul, 480 ans avant la 3e année du règne de Salomon, en 967, ce qui donne : 967 + 480 = 1447 av. J.-C.

En principe, les partisans de la chronologie "longue" l’acceptent ainsi, mais voient les 480 ans comme chiffre arrondi.

- D’autres ont vu cette date comme la 480e année d’une période plus longue, puisqu’il s’agit d’un chiffre ordinal. A ces 480 ans, on a comparé le total des années auxquelles Paul fait référence dans Act. 13.18-22. Paul semble parler d’un total de 573 ans (40 ans dans le désert + 450 ans pour les Juges + 40 ans pour Saül + 40 ans pour David + 3 ans pour Salomon = 573 ans) (v. note g).

- Ce chiffre toutefois, ajouté à la date du règne de Salomon, donne une date "impossible" pour l’Exode : 1543 av. J.-C.

- D’autres exégètes pensent qu’il s’agit d’un chiffre symbolique : 12 générations de 40 ans (12 x 40 = 480). De toute façon, il semble être question d’un chiffre "arrondi". Cep., la génération "idéale" est de 40 ans ; en réalité une génération est plutôt de 25 ans, donc les 480 ans se trouvent réduits à 12 x 25 = 300 ans, ce qui concorde avec un Exode au 13e s., chronologie "courte".

- Il est à noter que la version des LXX dit 440 ans. D’ailleurs, pour bien d’autres chiffres, les leçons des LXX sont différentes de celles du texte massorétique.

- Conclusion 1 : Nous devons reconnaître que ce chiffre, ainsi que d’autres n’est pas facile à interpréter. Nous constatons donc qu’il y a des interprétations diff. qui permettent à ceux qui proposent la chronologie "longue" ou "courte," de le faire en bonne conscience et en respectant ce qu’ils pensent être la vérité bibl.

- Conclusion.

- Les deux chronologies présentent chacune des problèmes. Du côté de la chronologie "longue" :

- il y a surtout le problème de la durée du séjour d’Israël en Egypte : 215 ans.

- le manque d’évidence nette et claire pour les constructions de la 18e dynastie dans le delta alors que Sethi I et Ramsès II en ont fait.

- le manque de preuve concrète de populations sédentaires et organisées en Transjordanie au 15e siècle.

- le problème de Jéricho.

- En même temps, il n’y a rien d’absolu dans ces arguments contre la chronologie longue, comme nous l’avons vu dans les notes ci-dessus.

- Contre la chronologie "courte," on peut citer :

- surtout le fait que toutes les dates bibl., prises dans leur sens le plus naturel et ordinaire indiquent systématiquement un Exode au 15e siècle av. J.-C. #1Ki 6.1 ; Jud 11.26 ; Ac 13.20

- le manque d’explication convenable de l’expr. "longtemps après" #Ex 2.23

- le fait de devoir comprimer la période des Juges en moins de 200 ans.

- Enfin, disons que l’ensemble des témoignages archéologiques reste absolument positif pour un séjour d’Israël en Egypte. L’emploi de Sémites* pour faire des briques est confirmé (fresque à Thèbes dans la chapelle funéraire du vizir Rekhmire au 14e s. av. J.-C. où l’on voit les faiseurs* de briques dont un Sémite) ; briques* faites d’argile et de paille ; nombre de briques exigé chaque jour (rouleau de cuir au Musée du Louvre) ; jours de congé pour faire des offrandes à son dieu, comme dans Ex. 5.1 (dans des listes de travail provenant du village d’ouvriers de Deir-el-Medina) ; constructions dans le delta (au moins pendant la 19e dynastie) ; Israël au pays de Canaan (stèle d’Israël ou stèle de Merneptah).

- Le seul problème, c’est la date. Si le sujet est palpitant, il ne fait pas partie de nos confessions de foi d’Eglises. L’une ou l’autre position a été défendue par des chrét. évangéliques.

- Pour un exposé plus détaillé des arguments de la chronologie courte,
v. J. A. Thompson : La Bible à la lumière de l’archéologie, L. L. B., 1987, pp. 57-64 et K. Kitchen : Ancien Orient et O. T., Tyndale Press, London, pp. 57-75 ou son art. dans Pictorial Encyclopedia of the Bible, Zondervan, sous Exodus, vol. II, pp. 428-436, ainsi que Le Nouveau Commentaire biblique (qui donne les deux chronologies). Pour des arguments détaillés en faveur de la chronologie longue, v. G. L. Archer : Introduction à l’A.T., Ed. Emmaüs, 1978, pp. 252-266.



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