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De l’Usage Des Insultes Dans l’Ecriture

EPHESIENS 4.29-32, 5.4
DE L’USAGE DES INSULTES
DANS L’ECRITURE

...

On a entendu une femme converser avec un chauffeur de taxi aux Etats-Unis. Ce dernier lui a dit : « 15 cents de pourboire !!! C’est une insulte ! »
La dame a donc répondu : « combien serait raisonnable selon vous ? »
« Quinze de plus ! » lui répondit le chauffeur
Et la femme de répondre : « je voudrais pas vous insulter une deuxième fois ! » et de s’en aller.

La communication est un art difficile. C’est une bataille qui n’est pas aisément gagné car même avec les meilleures intentions on peut se trouver dans des situations gênantes et pleine de quiproquo. Il existe cependant un problème encore plus grave qui est que nous pouvons volontairement obscurcir notre conversation de mots, de gestes et d’attitudes des plus déplaisantes et cela de manière volontaire ! Nous verrons aujourd’hui ce que Dieu en pense et comment nous devrions agir.
I Définition et Survol Biblico-Historique
Définition du Larousse : parole ou rarement, acte qui a pour objet d’outrager, d’offenser, de blesser la dignité ou l’honneur. (Le Petit Larousse Illustré. LAROUSSE, 21, Rue du Montparnasse 75282. Paris CEDEX 06. 2006. p 586c)
Syn : Injure (du latin injuria ce qui cause du tort) cad une parole qui blesse d’une manière grave et consciente. (Le Petit Larousse Illustré. LAROUSSE, 21, Rue du Montparnasse 75282. Paris CEDEX 06. 2006. p 582c)
Dans le Robert, une insulte est une agression, un acte ou une parole qui vise à outrager ou constitue un outrage. (Dictionnaire alphabétique et analogique de la Langue Française. Paul ROBERT, Vol 3, Société du nouveau Littré. 107, Avenue Parmentier. Paris 11.1970. p 776a)
L’outrage ("Oltrage" mot du 12e siècle, drivé de outre d’où le sens d’excès) signifie une offense extrêmement grave, insupportable, c’est une attaque, un coup, un blasphème, un sacrilège. Un acte contraire à une règle, à un principe.(Dictionnaire alphabétique et analogique de la Langue Française. Paul ROBERT, Vol 4, Société du nouveau Littré. 107, Avenue Parmentier. Paris 11.1970. p 808a,b)
La première insulte des hommes dans l’Ecriture arrive dans le jardin d’Eden, dans Gen 3.12 : l’homme attaque Dieu et sa femme en disant qu’ils sont tous les deux responsables de sa chute. Voilà peut-être pourquoi les hommes injurient aussi facilement.
Le premier enregistrement d’une femme qui insulte se trouve être dans Gen 16.1-6.
Agar méprise Sarah cad qu’elle la considère comme n’ayant aucune valeur. Sarah est déclassée, elle n’est pas supérieure en autorité, elle n’est même pas une femme car elle ne peut enfanter. (Michal, la première femme de David l’a de même rabaissé parce qu’elle jugeait que son attitude n’était pas correcte pour un roi ds 2 Sam 6.22).
Abraham et Sarah insulte Dieu en se moquant de sa Parole : Gen 17.17, 18.12,13,15,
Nous pouvons également insulter Dieu d’une autre manière : Prov 17.5 "Qui se moque du pauvre déshonore celui qui l’a fait ; Qui se réjouit d’un malheur ne sera pas tenu pour innocent."
Un adolescent insulte sa belle-mère en se moquant d’elle : Gen 21.9, le texte est sans doute un jeu de mots puisque Ismaël (en se moque de Sarah et de son fils Isaac (en hebreu "tsachaq" qui veut dire rire, se moquer).
Gen 39.14 la femme de Potiphar blâme son mari pour la venue de Joseph et accuse injustement Joseph d’être venue l’outrager, se moquer d’elle cad de la violenter.
Dans 1 Samuel 20.30 Saül insulte son fils et la mère de son fils : "Fils de prostituée" lui dit-il lit. "fils de femme perverse et rebelle".
Pour finir dans l’AT : le divorce est un outrage et une insulte dans certain cas : Malachie 2.16 "Car haïssable est la répudiation, dit l’Eternel, le Dieu d’Israël ! Ainsi que celui qui couvre de violence son vêtement dit l’Eternel des Armées" peut être mieux traduit : "Car l’homme qui n’aime pas sa femme mais en divorce, dit le Seigneur, le Dieu d’Israël, couvre son vêtement de violence (d’outrage), dis le Seigneur des armée. Prenez donc garde à vos esprits et ne soyez pas infidèles"

Dans le Nouveau Testament Christ est le plus insulté : Mat 27.21-49
APPLICATION : Tous ces exemples montrent bien la teneur de nos insultes, elles ne se limitent à aucune catégorie de personnes. Elles font des ravages autour de nous et en nous. Les injures nous damnent !!! Mat 5.21s Christ nous montre bien ici que le problème n’est pas l’insulte en elle-même mais bien le coeur en colère, le coeur meurtrier qui est derrière et qui doit hériter de l’enfer.
Notons aussi que penser une insulte n’est pas mieux aux yeux de Dieu que de la dire !

II USAGE POSITIF D’INSULTES DANS LA BIBLE
L’Ecriture ne dit pas que tout propos outrageant soit forcément quelque chose de mauvais !
Christ catalogue 6 fois au moins les pharisiens d’hypocrites, cad d’acteurs, de menteurs, de personnes qui joue un rôle, notamment dans Mat 23.1-36
Quoi que le terme soit vexant, blessant et donc outrageant, la réalité qu’il désigne s’applique bien aux personnages !
C’était bien des gens qui extérieurement passaient pour des saints mais intérieurement grouillait de vermines et de saleté spirituelle. Christ va jusqu’à les comparer à des tombes, très joliment décorées mais bourrées d’ossements.
V 15 Jésus les appelle également "fils de l’enfer." Plus tard, il dit clairement aux Juifs qu’ils ont Satan pour père : Jn 8.44
V 16 "Guides aveugles" n’est pas un compliment ! Un conducteur, un guide ne peut être aveugle ! Sans diminuer les aveugles, aucun d’entre nous ne voudraient se laisser mener en voiture par exemple par quelqu’un qui ne voit pas !!!
V 17 Christ continue en traitant les leaders religieux d’imbéciles ! C’est à dire de ramolis du cerveaux ! Dans le Grec ancien le terme était utilisé pour parler de la lenteur des animaux en hiver, ou de l’expression d’un animal effrayé (exemple martiniquais : un opposum aveuglé par nos phares).
V 33 "Serpents, fils de serpents" en gros "Maudits et fils de maudits"
"Vous allez en enfer !" Les termes sont on ne peut plus clairs et parfaitement légitimes.
Paul dans Galates utilise la même insulte et va même plus loin : Gal 5.12 il va jusqu’à souhaiter que les judaïsants s’émasculent !
Cela semble très peu apostolique mais reste tout à fait biblique.
Jacques traite aussi les croyants d’attardés mentaux et d’adultérins dans son épître (Jac 4.4)

CONCLUSION
Ephésiens 4.29-31 et 5.4 nous enseigne que le langage vulgaire ne font pas partie de la diète verbale d’un croyant.
Paul fait référence
1) aux insultes
2) aux blagues ou références sexuelles immorales,
3) à des discussions qui sont hérétiques et qui obscurcissent les vérités du salut (cf.v6).
4) à des blagues vulgaires, des plaisanteries indécentes.
Ill : Durant la guerre entre le général Memnon et Alexandre, l’un des soldats du premier aurait cherché de l’avancement en invectivant copieusement l’armée et la personne d’Alexandre. Il est dit que Memnon a tapoté l’épaule du mercenaire et lui a dit : "je te paye pour le battre et non pour l’insulter !"

Pourtant, que dire de Paul, de Jacques et surtout du Seigneur quand ils outragent les autres ?
1) l’Ecriture est inspirée de Dieu, donc il n’y a pas d’erreurs dans l’usage de ces termes.
2) Même si Jésus et les Apôtres parlaient de manière très animée, ils n’ont pas perdu le contrôle, ils pensaient et pesaient chaque mot qu’ils ont prononcés (Nous n’avons pas l’excuse de dire "ça m’a échappé !")
3) Jésus et les Apôtres ont utilisé ces termes forts pour électrocuter leur audience, les faire réfléchir sur leur situation. Les hommes se sont sentis outragés à cause de leur orgueil démesuré !

Le croyant peut utiliser un langage fort mais jamais grossier. Il peut chercher à faire réfléchir sans brutaliser l’autre en face.
Le Seigneur nous donne 5 objectifs dans Ephésiens :
a- l’ordre d’édifier cad de construire
b- de juger de l’occasion avant de parler
c- de procurer de la grâce (faveur, beauté)
d- d’être gentils, plein de compassion et de pardon
e- de louer Dieu à la place :
Les chrétiens ne sont pas des victoriens, ils ne s’offensent pas à la moindre parole déplacée, ils ne se laissent pas non plus enliser dans des joutes verbales détestables. Ils sont capables de bénir au lieu de maudire. Ils sont capables de louer Dieu dans les difficultés plutôt que d’en vouloir à leurs frères. Mat 5.11s



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