Colossiens

Colossiens (Epître aux)

- Auteur.

- L’apôtre Paul a écrit cette lettre en même temps que celle aux Ephésiens, depuis Rome où il était détenu dans un logement loué #Ac 28.14-31

L’authenticité de l’ép., attestée par de nombreux documents du 2 e s., a été attaquée au 19e s. à cause de sa ressemblance avec Ephésiens. Réhabilitée durant la première moitié du 20e s., elle fut de nouveau la cible des attaques à partir de 1950 pour des raisons de vocabulaire, de style, de doctrine et de parenté littér. avec Ephésiens (supposé inauthentique). Aucun des arguments avancés ne peut faire contre-poids à ceux qui appuient l’authenticité, ni à l’invraisemblance de l’introduction d’un faux dans le recueil des lettres de Paul (voir la discussion détaillée dans A. Kuen : Lettres de Paul, p. 289-304).

- Date.

- La lettre fut rédigée vers le milieu de la première captivité romaine, aux environs de l’été 62.

- Lieu.

- Elle fut écrite en même temps qu’Ephésiens et Philémon (voir Col. 4.7 ; Eph. 6.21 ; Phm. 12) et portée par Tychique en Asie Mineure. Le lieu de rédaction le plus probable reste Rome (voir A. Kuen : Lettres de Paul, p. 284-289).

- Destinataires.

- L’Eglise de Colosses n’a pas été fondée par l’apôtre Paul (1.4 ; 2.1-2). Elle fut un fruit indirect de ses trois années d’activité apostolique à Ephèse (Ac. 19.10), où Epaphras (4.12) et Philémon (Phm. 19, 23) ont dû faire sa connaissance et se convertir. Ils sont retournés ensuite dans leur ville et y ont fondé une Eglise (1.7 ; 2.7 ; 4.13), composée essentiellement d’anciens païens (1.21, 27 ; 2.13) qui se réunissaient dans la maison de Philémon. (Phm. 2)

- Contenu.

- La partie doctrinale de l’ép. contient un enseignement approfondi sur la personne de Christ ; ses relations avec le Père, avec la création et l’Eglise, et sur son oeuvre rédemptrice. Après avoir parlé de son ministère (1.15-23) en faveur de l’Eglise entière (1.24-29) et des Colossiens en particulier (2.1-7), l’apôtre met ces derniers en garde contre des hérésies propagées parmi eux par des prédicateurs itinérants (2.8-3.4). Dans la partie pratique, il leur explique comment leur nouvelle position en Christ doit transformer leur vie individuelle (3.5-17), familiale et sociale (3.18-4.6).

- But.

- Epaphras est venu rejoindre Paul dans sa prison pour l’informer des difficultés survenues dans son Eglise, par suite de la prédication d’une fausse doctrine. (Phm. 23)

Que faire ? L’apôtre répond à sa demande en écrivant deux lettres : l’une à l’Eglise de Colosses, l’autre à l’ensemble des Eglises d’Asie menacées à brève ou longue échéance par la même hérésie : notre ép. aux Ephésiens (4.16 ; voir Intr. Ep.). Il confie les deux missives à Tychique (4.7-8 ; Eph. 6.21), qui retourne à Colosses avec Onésime (4.9), l’esclave fugitif. Paul indique le but de sa lettre (2.2) :

- 1. Il veut combler et fortifier les chrét., les assurant de ses prières (1.3-5, 9-14) et les exhortant à demeurer fermes dans la foi (1.10-12).

- 2. Il veut les avertir des dangers de l’hérésie et de son influence divisive (2.4, 8, 18) ; il dénonce et réfute ses erreurs.

- 3. Il désire les "enrichir d’une pleine intelligence," c.-à.-d. les instruire sur la vraie nature de Christ et de son oeuvre ainsi que sur la vie qui découle de l’union avec lui.

- L’apôtre ne décrit nulle part explicitement l’hérésie qu’il combat. On peut néanmoins s’en faire une idée d’après ses mises en garde.

- 1. C’est un système philosophique (2.8) employant des termes courants chez les philosophes grecs (gnose, éléments, plénitude : 1.19).

- 2. Il a adopté certaines cérémonies et institutions juives (2.11, 16, 17 ; 3.11).

- 3. Sa tendance ascétique est manifeste (2.20, 23).

- 4. Il pratique le culte des anges (2.18), peut-être aussi des "autorités, dominations..." (1.16 ; 2.10, 15).

- 5. Il insiste sur des connaissances secrètes (2.18 ; cf. 2.2-3).

- 6. Il s’appuie sur la sagesse et sur des traditions humaines.

- 7. Il déprécie l’oeuvre de Christ, d’où l’insistance de Paul sur la suprématie du Seigneur (1.15-20 ; 2.2-3.9).

- 8. Il se glorifie de visions (2.18).

- C’était donc une combinaison d’éléments judaïques avec des notions philosophiques grecques menant plus tard au gnosticisme. Paul combattait cette hérésie, car elle ravissait à Jésus-Christ sa place unique de seul intermédiaire entre Dieu et l’homme, en même temps que son humanité. Du même coup, elle privait les chrétiens de leur liberté en les enfermant dans le carcan du légalisme.

- Plan.

- Avant de s’attaquer à l’hérésie colossienne, Paul présente l’aspect positif de l’enseignement chrétien. Il procède par petites touches discrètes pour signaler les déficiences de la foi d’une Eglise qu’il ne connaît pas personnellement : il dit ce qu’il demande dans sa prière pour eux (donc ce qui leur manque), ce qu’est Christ et ce qu’il a fait (donc ce qu’ils ignorent ou risquent d’oublier), ce que lui-même fait pour les Colossiens (pt-être pour réfuter certains faux bruits répandus à son sujet) :

I. Adresse et salutations 1.1-2

II. Action de grâces et prière 1.3-14

III. La personne et l’oeuvre de Christ 1.15-23

IV. Le ministère de Paul 1.24-2.7

V. Mise en garde contre l’hérésie propagée à Colosses 2.8-3.4

VI. La vie en Christ 3.5.-4.6

- Vie individuelle 3.5-17

- Vie familiale et sociale 3.18-4.1

- Vie de prière 4.2-4

- Relations avec les non-chrétiens 4.5-6

VII. Recommandations et salutations 4.7-18



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