Bible

Bible

du gr. Biblia, pl. neutre, les livres ;

Le mot Biblia passa en latin ecclésiastique et devint dans cette langue un féminin singulier, d’où le nom français Bible). On pense que c’est Jean Chrysostome, patriarche de Constantinople (398-404 ap. J.-C.) qui, le premier, employa le mot gr. Biblia pour désigner les livres sacrés.

- L’absence d’adjectif qualificatif devant le mot Bible qui signif. les livres révèle que ceux qui l’employaient considéraient ces écritsá :

1. comme formant à eux seuls un ensemble particulier.

2. comme supérieurs à toutes les autres oeuvres littéraires. Ces écrits sans pareils sont les livres par excellence. L’étym. du mot Ecriture, au sing. et au pl., permet la même constatation, fait d’autant plus frappant que ce terme apparaît fréquemment dans le N.T. avec le s. implicite du mot gr. Biblia. #Mt 21.42 ; Ac 8.32 D’autre part, le pl. neutre de ce dernier mot, à sens collectif, marque le fait important que la Bible n’est pas seulement un livre, mais une grande quantité de livres. En même temps, l’emploi au sing, du mot Ecriture et même du mot Bible souligne que la diversité des écrivains recouvre une merveilleuse unité révélant un guide intelligent, qui ne cessa d’opérer durant plus de mille années de rédaction.

- L’apologétique, branche de la science théologique, examine le droit à l’autorité que s’attribue la Bible. Le mot apologétique employé dans le s. gr., est souvent mal compris. Lorsque Georges III, roi d’Angleterre, apprit que l’évêque Watson avait publié une "Apologie de la Bible," il déclara avec rudesse ne pas avoir su auparavant que la Bible nécessitât une apologie. L’évêque employait ce mot dans le sens gr. de défense ; car la science des apologistes (ou apologètes) défend la Bible. La critique biblique est une autre science, comprenant la haute et la basse critique. La haute critique étudie l’origine des divers livres de la Bible, les décrit, s’efforce de résoudre les questions d’auteurs, de circonstances, de but. La basse critique, ou étude minutieuse des textes, cherche, au moyen des anciens mss et des diverses vers., à rendre le texte biblique avec le maximum de précision et de justesse. L’herméneutique (du gr. expliquer) examine les principes d’interprétation de l’Ecriture, tandis que l’exégèse les applique. Le contenu de la Bible est ensuite ordonné méthodiquement et l’on constate qu’il intéresse la géographie, l’histoire, les sciences, la philosophie, la morale:presque tous les objets de la pensée. La théologie biblique étudie le développement historique des doctrines de la Bible. La dogmatique ou théologie systématique cherche à coordonner les doctrines bibliques selon le système théologique des Ecritures ; à exposer leurs rapports réciproques et leurs relations avec d’autres dogmes ; à les définir avec précision.

- La Bible renferme l’A. et le N.T., autrement dit l’ Ancienne et la Nouvelle Alliance. L’A.T. a été écrit en hébr. sauf quelques passages en aram. ; le N.T. a été rédigé en gr. Quant aux différents livres de l’A. T. et du N.T., consulter les rubriques portant leurs noms ; pour les diverses vers. des Ecritures. A l’origine, les livres sacrés n’avaient ni chapitres ni versets. La division actuelle en chapitres est due, pense-t-on, au cardinal Hugo, un Espagnol, ou à l’archevêque Langton, un Anglais ; tous deux vivaient au XIIIe s. Les Massorètes (rabbins et savants juifs) du IXes. ap. J.-C. divisèrent l’A.T. en versets. La division actuelle du N.T. se doit à Robert Estienne, qui l’introduisit dans le N.T. gr. et latin qu’il publia à Genève en 1551 ; la vers. anglaise du N.T., imprimée à Genève en 1557, présentait le même système de division. La division actuelle en chapitres et en versets fut appliquée pour la première fois à la Bible entière dans l’édition de la Vulgate qu’Estienne fit paraître en 1555. La première Bible anglaise divisée de cette façon fut éditée à Genève en 1560. Cette façon de diviser n’est pas toujours satisfaisante. Le 1er et le 2e chapitre de la Genèse, par ex., sont séparés dans nos vers. actuelles, alors que #Ge 1 devrait contenir #Ge 2.1-3. #Isa 53 devrait débuter à #Isa 52.13 et #Joh 7 devrait inclure #Joh 8.1. Les versets sont absolument indispensables à la recherche de parallèles, mais devraient être ignorés quand on suit le fil d’un argument ou d’un récit.

Jusqu’en 1988, la Bible a été traduite, entièrement ou partiellement, en plus de 1884 langues ou dialectes (la Bible en 303 langues ; en plus le N.T. en 670 langues ; et les évangiles en 911 langues encore). En 1987, un total de plus de 600 millions de Bibles, Nouveaux Testaments, portions et sélections de la Bible ont été distribués. Il n’est point exagéré, en parlant des auteurs de la Bible, de citer les paroles du psalmiste qui dit, en face de l’enseignement silencieux du firmament étoilé :"Ce n’est pas un langage, ce ne sont pas des paroles dont le son ne soit point entendu : Leur retentissement parcourt toute la terre, leurs accents vont aux extrémités du monde". #Ps 19.4, 5. (Cf. Lortsch Histoire de la Bible en France.)



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